Josée Duplessis ne sera pas candidate aux prochaines élections
Elle a annoncé sa décision par le biais d’une lettre ouverte publiée dans le quotidien Le Devoir, le 9 septembre.
« Je ne désire pas m’accrocher au pouvoir comme certains politiciens professionnels. C’est un mandat qu’il faut solliciter auprès de la population, pas une job. Je souhaite voir plus de citoyens de divers horizons lever la main pour offrir leurs solides expertises pour la Ville de Montréal, le temps d’un ou deux mandats. Et pour que cela se produise, il faut qu’il y ait un sain roulement», écrit-elle, pour justifier son choix.
Jointe au téléphone par le journal Le Plateau plus tard dans la journée, elle dit ne pas avoir grand-chose à ajouter.
Elle avoue que les derniers mois a été assez mouvementés, notamment en raison des allégations formulées dans le cadre de la Commission Charbonneau et sa nomination au comité exécutif.
« La dernière année doit bien compter pour quatre, dit-elle en riant. Néanmoins, j’ai répondu présente et j’ai pris mes responsabilités. J’ai donné tout ce que j’avais à donner. »
Le contexte du Plateau-Mont-Royal, « quoique stimulant, est très prenant et demandant », indique également Mme Duplessis.
« Avec Facebook et Twitter, l’information et les demandes des citoyens entrent à la vitesse grand V, et ça va aller en s’accélérant. »
Même si cette décision d’abandonner la vie politique a été mûrement réfléchie, ce n’est pas sans pincement au cœur qu’elle a été prise.
« Je devrai faire un deuil de mes citoyens. Je vais les revoir, ce sont mes voisins. Mais je n’aurai plus le même impact dans leur vie, et eux, dans la mienne. La politique, c’est très prenant, mais tellement valorisant. Dans nos vies, on reste pas mal dans les mêmes cercles d’amis. Être conseillère, ça m’a amenée à rencontrer des gens qui n’ont pas forcément les mêmes idées et opinions que moi. Ç’a m’a obligée à ouvrir mon esprit et à être à l’écoute des autres. Ç’a m’a fait grandir. »
Faire de la politique de son temps
Au cours des derniers mois, Mme Duplessis a cumulé les responsabilités au sein de l’arrondissement et du comité exécutif de la Ville de Montréal. Alors qu’elle semblait avoir le vent dans les voiles, pourquoi quitter maintenant? « Il y a plusieurs personnes qui ont du bagage à offrir. L’expérience et l’historique, ce sont les fonctionnaires qui les détiennent. Les élus, eux, sont là pour donner une vision, une tendance. Ils n’ont pas à être des techniciens. Leur mandat, c’est de représenter les citoyens, évaluer les projets qui leur sont présentés. « Avant, les politiciens restaient en poste plus longtemps, mais les gens n’avaient pas accès à la même quantité d’information. La démocratisation de celle-ci et de l’éducation a changé la donne. La population a une meilleure idée de ce qu’elle veut pour sa ville. On n’est plus dans le même paradigme; ce n’est pas l’élite qui détient le savoir », fait-elle valoir, indiquant que selon elle, il est primordial de « cumuler les expériences, de voir ailleurs ce qui se fait ». À savoir ce qui attend Mme Duplessis dans les prochains mois, elle indique qu’elle restera en poste jusqu’aux prochaines élections municipales, prévues le 3 novembre, et que d’ici là, les citoyens peuvent toujours compter sur elle. Elle dit vouloir ensuite prendre du temps pour elle et se « réapproprier sa vie ».