Dernière danse pour le Balroom Bar
Ouvert en 2005 au deuxième étage d’un bâtiment mixte de la Main, le bar peut, par droit acquis, vendre de l’alcool et de la nourriture, en plus d’accueillir une salle de billard. Dans les faits, celui-ci sert plutôt de salle de danse et est particulièrement prisé par les jeunes professionnels âgés de 25 à 35 ans qui souhaitent se dégourdir les jambes.
L’article 18 du règlement municipal sur le bruit stipule que « l’usage salle de danse est proscrit dans un bâtiment lorsque celui-ci est adjacent à un local ou à un bâtiment d’habitation ».
Or, le 3643, boulevard Saint-Laurent se trouve justement dans un édifice comportant des logements résidentiels.
« Dans le passé, ces résidences-là étaient occupées par des étudiants, qui justement s’y étaient installés, parce que c’était à côté du Balroom. Ils en faisaient un frat house. Depuis, ils ont quitté et ce sont d’autres locataires qui habitent là maintenant. C’est correct, mais on s’entend qu’ils savaient qu’ils s’installaient à côté d’une discothèque », soutient Glenn Castanheira, directeur général de la société de développement commercial du boulevard Saint-Laurent.
« Pour nous, le problème, c’est qu’il a utilisé son permis depuis 2005, pour des usages erronés. C’est une fausse utilisation du permis. Dans le cas d’une discothèque, il ne faut pas qu’il y ait de voisins adjacents. Lui, il en a six qui se sont plaints à plusieurs reprises. On s’est donc demandé pourquoi [il y avait tant de plaintes, étant donné les usages autorisés], et en vérifiant les permis, on a réalisé qu’il n’en avait pas », explique, pour sa part, le maire de l’arrondissement, Luc Ferrandez.
Après avoir émis, en vain, plusieurs constats d’infraction, l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal a donc décidé d’intenter des poursuites juridiques envers A5 Management, qui dirige le Balroom Bar. Une motion en ce sens a été adoptée, lors du conseil d’arrondissement du 4 mars.
Changement de vocation?
Dans le but d’éviter de devoir mettre la clé sous la porte, le Balroom Bar envisagerait un changement de vocation, a indiqué M. Castanheira.
« Le lendemain du conseil d’arrondissement, j’ai reçu un appel de l’administration locale, ce qui m’a permis de contacter les propriétaires.
« [Quand on les a avisés qu’ils contrevenaient au règlement], ils ont dit qu’ils allaient simplement enlever la piste de danse. En ce moment, ils attendent l’injonction, et ils vont se conformer », a annoncé le directeur de la SDC.
Le retrait éventuel de la piste de danse « règlerait tout », estime le maire Ferrandez.
« Dans le sommaire décisionnel, dit qu’on autorise le Service des affaires juridiques et de l’évaluation foncière à prendre toutes les mesures requises, y compris l’injonction, pour faire cesser cette situation. Si le propriétaire démantèle les installations de discothèque, ça en fait partie. Le Balroom pourrait demeurer un bar ou un restaurant, si le propriétaire déménage ses activités de danse », avance-t-il.
Du côté de A5 Management, Patrick Hétu écrit dans un courriel: « nous attendons la mise en demeure en question avant de voir nos options ».
Son collègue Alexandre Besnard, propriétaire du Balroom, affirme que « il détient son permis de la Régie des alcools des courses et des jeux, émis en bonne et due forme », et que celui-ci a préséance sur le certificat d’occupation municipal.
« S’il y a eu une erreur administrative, on aurait juste pu nous informer [au lieu d’intenter des procédures judiciaires]. Je vais avoir d’attendre de recevoir la mise en demeure », conclut-il.