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Fin

Nous en sommes là. On dira que c’est la crise des médias qui frappe : coupures et compressions voient disparaître les pigistes en premier…

Depuis 2008, nous avons nourri une belle relation sur ce site et dans les pages de L’express d’Outremont et du Journal du Plateau. J’ai dû vous interpeller plus de 200 fois. Peut-être 250, j’ai perdu le compte et pourtant j’en garde un très agréable souvenir.

Vous avez été nombreuses et nombreux à me lire toutes les semaines. Je sais que je vous ai énervés de temps en temps, mais c’est de bonne guerre : je me suis énervé contre moi-même à plusieurs reprises.

J’ai appris jeudi dernier que c’était fini. Les pigistes giclent avant que des postes soient coupés. Les plus vulnérables sont jetés à la mer.

L’espace public accordé au commentaire dissonant se rétrécit encore, devient peau de chagrin. Devrais-je m’ouvrir un blogue? Pas sûr. Tant qu’à écrire gratis, je préfère le faire dans des livres, même si vous ne les lisez pas. Ce monde-là aussi change. À moins que je ne fasse comme d’autres et que le web ne serve que de préambule à un livre à faire.

Pas sûr.

J’espère vous retrouver ailleurs, à une autre adresse, entre deux papiers cartonnés ou sur du vieux papier journal pourri. Ou encore, tiens, pourquoi pas sur du papier glacé? Je n’ai jamais encore écrit dans un grand magazine. Y’en a-t-il encore, au fait?

Je pourrais écrire pour le cinéma ou la télévision, mais le cinéma et la télévision ne m’aiment pas beaucoup.

Des chansons? Pas capable. Une forme que je ne comprends pas, que je ne saisis pas.

Du théâtre, oui, j’y suis. Encore que…

Et du cirque, aussi. Ça oui.

Qui y’a-t-il d’autre à écrire? Des livres? J’en fais, j’en fais. J’arrive, j’arrive.

Je pourrais peut-être me retirer dans mes terres et devenir écrivain public. Ça pourrait être une idée ça : écrire des lettres pour des gens qui n’ont pas la plume facile, engueuler des voisins ou des propriétaires, des garagistes ou des entrepreneurs en construction, des médecins ou des épiciers, des officiels ou des notables. Ou encore écrire de belles lettres d’amour pour faire rêver à du bonheur, du bonheur, du bonheur.

Oui, je pense que le métier d’écrivain public m’irait bien.

So long

Quinze ans de chroniques s’arrêtent ici.

Du Mouton Noir à montrealexpress.ca en passant par l’hebdomadaire ICI, Radio-Canada et le Libraire, près de 1000 chroniques à tourner autour de la littérature, du théâtre, à parler surtout de culture, de politique aussi, un peu, de notre monde, toujours.

Pouf… Fini.

Je suis triste.

Vraiment.

Salut.

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