L’aventure marocaine d’une plume du désert
Tout au long de l’aventure, elle sera accompagnée de Katia Canciani, une amie qui œuvre elle aussi dans le monde de la littérature québécoise. Leur équipe s’appelle Les plumes du désert, en référence à leur métier d’auteure.
« Il y a des gens qui ont toujours rêvé d’aller dans le désert. Pas moi. En novembre dernier, j’ai rencontré Katia dans un salon du livre et on s’est lié d’amitié. Elle est super trippante et elle aime essayer de nouvelles choses. Je me suis dis : elle a l’air cool, je vais la tester. Je lui ai donc proposé, un peu sur un coup de tête, d’aller dans le désert pour le trophée Roses des sables. Elle a dit oui tout de suite! C’est une vraie, elle n’a pas chocké! », raconte la résidente du Plateau.
L’aplomb de sa coéquipière a forcé Annie, qui se décrit elle-même comme une peureuse, à aller au bout de son projet.
« À un certain moment, je me disais : « Oh my god, je ne veux plus y aller! J’ai peur! » Mais ça me pousse à affronter mes craintes. Il faut se mettre en danger en participant à des projets comme ça, car une fois inscrite, tu ne peux plus reculer. Même si j’ai la chienne, je vais y aller », confie-t-elle, fébrile.
Ce ne sont pas les conditions extrêmes (chaleur, fatigue, etc.), les serpents ou les scorpions qui effraient le plus la jeune femme (quoique…!), mais plutôt les risques d’avoir un malaise, d’être laissée à elle-même au milieu de nulle part (voir encadré) ou d’être incapable de terminer la course.
Toutefois, elle peut compter sur l’attitude zen et le sang-froid de son amie Katia, qui a déjà été pilote d’avion, pour la rassurer. Celle-ci occupera d’ailleurs la fonction de copilote pour cette raison, tandis qu’Annie sera aux commandes du bolide.
« Au début, tout le monde veut être pilote parce que ç’a l’air cool. Mais au fil des rencontres, on s’est rendues compte que c’est le copilote qui dit où aller, qui sonde le sol et qui donne des conseils sur comment franchir les obstacles. C’est elle le brain de l’équipe. Moi, je ne connais rien dans les cartes et les boussoles. Dans l’fond, je suis les bras et j’exécute les commandes », illustre-t-elle.
Amitié à toute épreuve
C’est un fait connu, les amitiés les plus solides peuvent facilement être brisées lors de situations stressantes, comme un voyage. La créatrice de Léon ne trouve-t-elle pas hasardeux de s’embarquer dans une telle aventure avec quelqu’un qu’elle connaît depuis mois d’un an?
« Depuis le début, tout le monde nous met en garde. Mais sérieusement, je pense que je me pognerais plus avec ma meilleure amie, que je connais depuis 30 ans, qu’avec Katia. Quand tu connais bien quelqu’un, tu te permets de lui parler avec moins de tact, tu fais moins attention, un peu comme si c’était ta sœur. Quand il s’agit d’une personne que tu connais moins, tu penses davantage à ce que tu dis et à comment tu vas le dire. On est deux personnes assez relaxes. C’est sûr que tout peut arriver là-bas, mais on devrait être capable de s’endurer pendant sept jours », dit-elle, confiante.
Aider la communauté
Outre l’aspect compétition, le trophée Roses des sables comporte également un volet humanitaire. Les participantes doivent amasser de l’argent pour la fondation Les Enfants du désert.
« Quand on paie notre inscription, il y a une partie de l’argent qui va à cette organisation. Ça permet à des médecins, des dentistes, des infirmières et autres spécialistes de se rendre dans les villages pour s’assurer que les enfants ont tout ce dont ils ont besoin et leur enseigner les règles d’hygiène. Nous aussi, on va aller rencontrer les enfants et échanger avec eux. On leur apporte des crayons, du matériel pour apprendre à lire, écrire, compter et colorier. En tant qu’auteures, ça nous rejoignait », explique l’aventurière.
Au total, l’équipe doit amasser environ 25 000 $ pour financer son voyage (location du camion, billets d’avion, assurance rapatriement, essence, dons pour la fondation, etc.). À ce jour, elle n’a pas encore récolté tout l’argent nécessaire. Plusieurs activités de financement sont à venir, dont un encan d’œuvres d’illustrateurs et d’auteurs, au café l’Artère (7000, avenue du Parc), le 28 août, de 17 h à 20 h. Les personnes intéressées peuvent également faire un don en ligne à l’adresse suivante : www.indiegogo.com/projects/192828.
On pourra suivre les aventures des Plumes du désert sur leur blogue : http://plumesdudesert.trophee-roses-des-sables.org ou par le biais de leur page Facebook : http://on.fb.me/wLw23h.
Trophée Rose des sables, en bref
Le trophée Rose des sables est un rallye d’orientation destiné aux femmes. Durant sept jours, les différentes équipes parcourent le désert du Maroc à bord d’un 4×4, équipées uniquement d’une carte, d’une boussole et d’une pelle.
Au terme de leurs journées d’aventure, une équipe d’assistance technique et médicale, ainsi que des bivouacs – campements en plein air – attendent les participantes.
Une des étapes de l’expédition consiste en un défi d’autonomie totale. Pendant 48 heures, les compétitrices sont lâchées lousses dans le désert, sans aucune ressource extérieure pour les aider.