Le déneigement par le privé: moins cher et plus rapide sur le Plateau
Le déneigement effectué par le privé coûte 36% moins cher, cette année, dans Le Plateau-Mont-Royal et est 50% plus rapide que celui réalisé par les cols bleus.
Dans l’arrondissement, le quartier du Mile End, ainsi que la portion entre l’avenue du Mont-Royal et la rue Saint-Grégoire du nord au sud et des avenues Christophe-Colomb à De Lorimier d’est en ouest, sont déneigés par le privé pour la somme de 2,5M$. Le reste du territoire est déneigé par les cols bleus et représente un investissement de 3,9M$. L’achat d’abrasifs compte pour 1,5M$ de l’enveloppe budgétaire et l’épandage est normalement assuré par l’administration locale, sauf en cas de tempête, où l’entrepreneur doit également en mettre sur la chaussée.
«Les travaux de déneigement à Montréal sont généralement réalisés à 50% par les employés de la Ville. Le secteur privé assure, pour sa part, l’autre moitié des opérations», indique le porte-parole à la division des affaires publiques, Philippe Sabourin.
Certains arrondissements font exception, ayant obtenu le droit de conserver leur fonctionnement d’avant la fusion. Ainsi, à Outremont, 100% du déblaiement est réalisé par le privé.
Déficitaire
Cette année, la Ville-centre a coupé 730 300$ dans le budget de déneigement du Plateau-Mont-Royal, le rendant ainsi déficitaire. Le secteur compte 136 km de rues, 262 km de trottoirs et 24 km de ruelles étroites à déneiger.
Pour le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, plusieurs facteurs peuvent expliquer la plus grande efficacité du déneigement privé.
«Les entreprises mandatées par appels d’offres déneigent 50% plus rapidement, parce qu’ils ont plus de personnel, plus de machinerie et parce que c’est saisonnier. Nous, si on embauche, c’est obligé d’être à l’année. On ne peut pas non plus acheter trop de chenillettes, parce que la majorité du temps, elles vont dormir dans le garage. Avec 12 chenillettes, nous sommes en mesure de compléter le déneigement en quatre à six heures. Les employés du privé prennent aussi moins de pauses et travaillent de nuit, ce qui permet un déneigement plus efficace», explique M. Ferrandez.
«Le nerf de la guerre, c’est d’ouvrir la convention collective des cols bleus, négociée avec la ville-centre.» –Luc Ferrandez
Une convention à revoir
L’élu souligne qu’habituellement, la portion du déblaiement assurée par les appels d’offres coûte de 20 à 40% moins cher, selon les années. Il croit toutefois qu’il faut travailler avec les cols bleus pour tenter d’améliorer la situation. S’il s’avère impossible d’améliorer la performance du public, il faudra étudier d’autres alternatives.
«Le nerf de la guerre, c’est d’ouvrir la convention collective des cols bleus, négociée avec la Ville-centre. Le maire Coderre veut que l’on déneige plus rapidement, mais il doit donner aux arrondissements les moyens de le faire», continue le maire du Plateau-Mont-Royal.
Un taux d’absentéisme élevé
Le président du syndicat des cols bleus, Michel Parent, accusait dernièrement les arrondissements de ne pas avoir voulu payer d’heures supplémentaires et ainsi d’avoir attendu à lundi matin avant de commencer les opérations de déneigement, lors de la tempête du 3 janvier.
Selon le maire, c’est plutôt le taux d’absentéisme des cols bleus qui a nui à l’efficacité des opérations publiques, la semaine dernière. Sur 70 employés permanents de l’arrondissement, 15 manquaient à l’appel, le 7 janvier.
«On a pris des employés normalement affectés aux fuites d’eau pour les réaffecter au déneigement, mais c’est certain que ça a des conséquences sur la vitesse d’exécution. Je trouve la sortie de M. Parent, déplorable, car ce sont seulement deux quartiers de Montréal qui n’ont pas voulu payer d’heures supplémentaires. La majorité d’entre nous avons mobilisé nos équipes dès dimanche soir. Même Verdun l’a fait, alors que c’est du jamais vu. Il y a donc une ouverture de la part de ces employés, mais il faut revoir leur convention collective», rappelle M. Ferrandez.
Le déneigement du Plateau en chiffres:
1,4 M$: c’est le nombre d’économies si le privé déneigeait tout l’arrondissement
730 300$: montant coupé cette année du budget par la ville-centre
36%: la différence de coût entre le privé et le public
3,9 M$: le coût de la part du public
2 M$: La masse salariale des cols bleus déneigeurs dans le Plateau
1, 5 M$: le coût de l’épandage d’abrasifs et fondants 262 km de trottoirs 136 km de rues