Mercier & Anjou

Halte Bellerive: des citoyens critiquent la phase 2 du projet

La Halte Bellerive sera opérée par la Société d’animation de la Promenade Bellerive dès l’an prochain. Photo: Gracieuseté/Mélanie Dusseault

L’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve lance un sondage à propos du marché public à la Halte Bellerive dans Tétreaultville, un aménagement transitoire critiqué par certains citoyens.

«Ce projet n’a pas livré la marchandise. Quelque 500 000 $ en deux ans ont été engloutis pour des résultats mitigés», peut-on lire sur le groupe Facebook des Badauds de Mercier-Est. 

Une somme totale de près de 439 000 $ en deux ans a été versée pour ce projet conçu et opéré par La Pépinière – Espaces collectifs, lancé en pleine pandémie en 2020 et financé en partie par le Programme d’implantation de rues piétonnes et partagées (PIRPP).

Invité à réagir, le cofondateur et codirecteur de La Pépinière, Jérôme Glad, a indiqué que la deuxième phase du projet « a permis d’agrandir la halle de marché et de bonifier l’expérience des visiteurs. »

Accès au fleuve

Des bonifications qui ne convainquent pas l’architecte paysagiste, Daniel Chartier, récipiendaire du Prix du Mont-Royal en 2012, pour sa participation aux aménagements du parc du Mont-Royal.

«L’ensemble Promenade Bellerive / espaces publics adjacents est un site majeur à l’échelle de Montréal. Il constitue aussi un pôle d’accès stratégique, actuel et futur, vers les autres îles et berges du fleuve. Pour ces raisons, il doit être mis en valeur avec un soin extrême.»

Daniel Chartier, architecte paysagiste

M. Chartier reproche à la Halte Bellerive d’avoir été planifiée dans le cadre du programme de fermeture de rues de la Ville de Montréal, un cadre conceptuel qui a, selon lui, «lourdement orienté le développement du projet en ce que les actions initiales ont été concentrées sur la rue, sans trop de considérations pour les territoires connexes.»

«Le pire est que cette structure à l’impact visuel maximal est d’une facture brouillonne», ajoute l’architecte paysagiste.

M. Chartier craint que les aménagements dans le secteur transforment les espaces adjacents à la Halte Bellerive, comme le parc Pierre-Tétreault et la Promenade Bellerive, «en faire-valoir».

«Une éventuelle structure permanente dans ce secteur ne doit pas s’imposer comme le centre d’intérêt ou comme centre de festivités émettrices de bruits, loin des regards. Elle doit être un outil au service des citoyens pour profiter pleinement de cette fenêtre sur le fleuve», soutient M. Chartier.

Un projet pilote

Le cofondateur et codirecteur de La Pépinière précise que la Halte Bellerive est un projet pilote permettant de tester plusieurs formules, ajoutant que la Société d’animation de la Promenade Bellerive (SAPB) reprendra la gestion du marché dès l’an prochain.

Arrivée en poste après la phase 1 du projet, la directrice générale de la SAPB, Geneviève Toussaint, se dit consciente que la Halte Bellerive ne fait pas l’unanimité, mais travaille à tirer le plein potentiel du site.

«J’essaie toujours de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, parce ce que je pense qu’il y a quelque chose de très intéressant qui peut être fait, sans dénaturer le parc et sans irriter les citoyens.»

La conseillère du district Tétreaultville, Suzie Miron, rappelle que la Halte Bellerive est un projet transitoire permettant de réunir les parcs Pierre-Tétreault et la Promenade Bellerive, puisque l’objectif à terme est de déminéraliser ce tronçon de la rue Bellerive.

«L’occasion était de profiter du programme de la Ville Centre pour récupérer cet espace et d’en faire une place pour notre marché public.»

Mme Miron soutient que depuis leurs élections en 2018, son administration travaille pour que les citoyens aient un accès direct au fleuve, pour la baignade, mais également pour pratiquer des sports nautiques tels que le canot ou le kayak.

Pour ce qui est de l’accès visuel au Saint-Laurent, elle explique que cela reste à développer.

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