Bricoler pour mieux se rapprocher
« On s’amuse souvent plus avec les enfants qu’avec les adultes », avance Claude. « J’ai toujours senti une responsabilité de redonner aux enfants ce que j’ai reçu. Avoir le temps et la patience de leur permettre de découvrir leurs talents, leur montrer qu’ils peuvent réaliser de belles choses, c’est gratifiant. »
Ce pharmacien apprécie de pouvoir consacrer une heure par semaine au bénévolat avec les enfants de la Fondation du Dr Julien, car il en retire autant de plaisir qu’eux. Au début, lorsqu’il a assisté à la rencontre de bénévoles, il se sentait nerveux à l’idée d’animer un atelier. Mais avec le temps, il a pris confiance et s’est senti plus à l’aise.
D’ailleurs, nul besoin de faire des activités de bricolage complexe, les enfants sont libres de suivre le plan établi ou simplement leur inspiration. La semaine de la Saint-Valentin, ils ont confectionné des fleurs avec des bas de nylon de couleur afin de les offrir à leur valentin ou leur valentine. Ce que les enfants préfèrent, c’est quand ils peuvent utiliser le fusil à colle chaude, ou encore mieux, mettre leurs mains dans la peinture!
Selon Annie-Pier, l’atelier de bricolage représente pour les enfants une heure dans la semaine où ils sortent de leur quotidien et s’amusent. « Ça me permet de voir d’autres réalités avec lesquelles je ne suis pas confrontée dans mon quotidien. Et c’est toujours agréable de pouvoir constater l’amélioration des enfants au fil du temps ».
Architecte de formation, Annie-Pier a rencontré Claude lorsqu’ils se sont trouvés à mettre sur pied ensemble l’atelier de bricolage, il y un peu plus d’un an. « Claude est perfectionniste, moi un peu plus brouillon. On se complète bien! », avance-t-elle en souriant.
Avec le temps, l’équipe a développé des moyens d’intégrer les enfants plus turbulents. En donnant des responsabilités particulières à l’enfant et en jouant d’humour, on arrive à dédramatiser la situation, explique Claude. « Ils nous testent parfois, c’est sûr, mais au fond, on sait qu’ils aiment être ici. »
Annie-Pier renchérit en expliquant qu’il vaut mieux les traiter en adultes. « Certains se découragent facilement. Mais avant de prendre les ciseaux et de le faire pour eux, on leur dit : essaie, et si tu n’es pas capable, je vais t’aider. »
Cela reflète bien la philosophie des ateliers de l’Hélium, où, par des bénévoles-mentors, on valorise l’enfant, on l’accompagne et on inclut tout le monde. Les bénévoles représentent ainsi un élément de stabilité et un lien de confiance dans le quotidien parfois chamboulé de nos petits, pour leur plus grand bonheur.