Une première défaite pour Harvey
Le boxeur Steven Harvey ne croyait pas vivre un combat aussi intense, lors du troisième gala émergence, qui s’est déroulé au chapiteau du CCSE. L’Hochelagais a terminé le combat avec une première défaite et une double fracture de la mâchoire.
Pour son troisième combat professionnel, l’athlète affrontait le Nigérien Chukwonoso Okafor. « Je ne m’attendais pas à une victoire facile, mais je ne croyais pas en la défaite. Je savais que lui et moi étions là pour gagner », souligne l’homme de 26 ans.
Toutefois, cette défaite n’a pas fait l’unanimité, autant auprès des partisans que des juges. « Je viens de revoir le combat et je n’ai perdu aucun round. C’est frustrant quand tu te bats chez toi et que les juges ne voient pas la même chose que tout le monde », fait valoir Steven.
« Quel désastre sur tous les points! Un combat antiboxe, long et sans action soutenue. Le Nigérien d’origine a joué une game et Steven est tombé en plein dedans. Très mauvais acteur, Okafor a réussi à convaincre l’arbitre de déduire non pas un, mais bien deux points pour coup derrière la tête. Même s’il est passé par ce genre de combat à maintes reprises au niveau amateur, Steven n’a pas su contrôler la situation et c’est pourquoi il a subi sa première défaite en boxe professionnelle », explique son gérant, Douggy Bernèche, par l’entremise de son blogue.
Sous le bistouri
Après le combat, Steven a quitté d’urgence pour l’hôpital. Le boxeur a subi la plus grande blessure de sa carrière, une double fracture de la mâchoire.
« C’est arrivé au deuxième round. Ce n’est pas un coup précis, mais davantage une série de coups qui ont fait les dommages. J’ai senti une différence, mais je croyais que j’avais perdu une dent, car elle était lousse. Je ne ressentais pas de douleur à cause de l’adrénaline, mais c’était une sensation bizarre. C’est au quatrième round que je me suis dit que ça devait être plus grave, car je sentais que ma mâchoire tombait et je saignais abondamment », indique-t-il.
Une situation qui a compliqué le combat. « Le dernier round a vraiment été difficile. Je devais penser à ce que je faisais dans le ring, à maintenir ma bouche fermée et à avaler le sang qui ne cessait de couler. Ce n’était pas évident », se rappelle Steven. Au cours de cette soirée, il estime avoir perdu près de deux litres de sang.
Il a été opéré le lendemain de la confrontation. Celle-ci, qui devait ne durer qu’une heure et demie, en a finalement pris le double. « Ç’a été plus compliqué que prévu. J’avais peur que le médecin m’installe des broches et que je ne puisse plus ni parler ni manger pendant des semaines. Finalement, il m’a installé trois plaques de métal. Je peux communiquer, mais je ressens tout de même un inconfort. J’ai aussi une perte de sensibilité dans le bas de ma mâchoire et dans ma lèvre inférieure, mais ça devrait revenir avec le temps. Du moins, je l’espère », confie-t-il.
Le boxeur d’Hochelaga devra prendre une pause obligatoire du ring d’au moins six mois. Selon son gérant, la retraite pourrait aussi être envisagée. « Never give up est sa devise et je suis honoré d’avoir fait partie de cette aventure pendant sept ans. Même si tu ne remontes jamais sur un ring à cause de cette blessure, je suis fier de toi », écrit M. Bernèche, sur son blogue.
Ce que l’Hochelagais a contredit. « Si ce n’était que de moi, je serais de retour à l’entraînement aujourd’hui. Néanmoins, je suis en arrêt de travail et d’entraînement pour un mois. Après cela, je vais m’entraîner pendant quelques mois sans contact. C’est sûr que je vais revenir. Ce sera peut-être que dans cinq ou six mois, mais je serai de retour. Ce n’est pas la fin. »