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Hochelaga-Maisonneuve au fil du temps?

Le quartier Hochelaga-Maisonneuve s’est métamorphosé au cours des dernières décennies. Fier quartier ouvrier, son visage a changé brutalement, lors de la récession de 1982. Louise Harel en sait quelque chose. Élue députée provinciale de Maisonneuve en 1981, elle a passé les 35 dernières années à défendre les droits de ses citoyens. Incursion dans le passé d’un territoire en pleine mutation.

Au début des années 1980, Louise Harel quitte Outremont, où elle réside pendant ses études à l’Université de Montréal, pour aller s’établir sur la rue Morgan, dans sa nouvelle circonscription. Dépassée, cette nouvelle vie de quartier l’a ravi. « Hochelaga-Maisonneuve a transformé ma vie », admet l’élue sortante de Maisonneuve-Longue-Pointe.

Arrivée dans l’arène politique provinciale, Mme Harel doit déjà résoudre une situation d’envergure, la récession économique.

« Les gens m’arrêtaient dans la rue pour me dire que les shylocks du Vieux-Port prêtaient moins cher que les banques, qui avaient des taux d’intérêt de 22 %. Il y a eu de nombreuses reprises de loyer, dont 188 logements barricadés. C’était l’hécatombe. En cinq ans, nous avons perdu 8000 emplois. J’ai vu des hommes dans la force de l’âge, venir me voir à mon bureau avec leurs enfants, car les femmes travaillaient. C’était des machinistes qui gagnaient bien leur vie et qui pleuraient, car ils ne voyaient pas d’issues », se rappelle-t-elle.

Des solutions

Les fermetures d’usines obligent les élus à trouver des solutions. Peu à peu, des mobilisations et de nouveaux projets font surface pour sortir les travailleurs de la pauvreté.

« Il y a eu la création des ancêtres de la Corporation de développement de l’EST pour tenter de rétablir la situation. Auparavant, les milieux communautaire, commercial et des affaires étaient très éloignés les uns des autres. Ces organismes ont permis de créer des liens entre des gens qui ne se seraient jamais rencontrés autrement. C’est là que Hochelaga-Maisonneuve deviendra la Silicone Valley de l’économie sociale », explique Mme Harel.

Les nombreuses coupes de personnel ont amené de nouveaux travailleurs dans le quartier, notamment les prostitués et les vendeurs de drogues.

« Quand je suis arrivée en 1981, c’était impensable, inimaginable qu’il puisse y avoir des prostitués ou des piqueries à Hochelaga-Maisonneuve. Ça s’est produit après les fermetures d’usines », soutient la politicienne.

Une nouvelle identité

À l’aube de 2014, le quartier Hochelaga-Maisoneuve est toujours à la recherche de son nouveau visage, maintient Mme Harel.

« Hochelaga-Maisonneuve se cherche présentement, d’où les nombreuses identités, dont Hochelag, Homa et Hochelaga-Maisonneuve. Ces trois appellations confirment une recherche identitaire qui est encore en devenir », soutient-elle.

Les résultats des dernières élections municipales sont aussi un indicateur de cette remise en question, estime Mme Harel. Rappelons que les électeurs ont choisi un conseil d’arrondissement minoritaire constitué de trois partis politiques distincts, le 3 novembre dernier.

« C’est un symbole des transformations et du quartier qui se cherche. Il y a une recherche et j’appuie cela. Elle est peut-être maladroite, mais elle est sincère », fait valoir la sexagénaire.

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