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A’Shop, une affaire hochelagaise

Photo: Collaboration spéciale
L’art mural est en plein essor dans la métropole depuis quelques années. Il y a quatre ans, l’Hochelagais Krist Wilk a décidé faire le grand saut en démarrant l’entreprise A’Shop afin de standardiser cette industrie artistique, tout en venant en aide à ses amis graffiteurs.

« C’est difficile pour un muraliste de vivre de son art. Il n’a aucune stabilité psychologique et financière. Au Québec, il ne peut pas peindre à l’année. Souvent, pendant la saison hivernale, il se remet en question et il peut tomber en dépression. Je sais c’est quoi, je l’ai déjà vécu », souligne Fluke, (nom d’artiste de M. Wilk) qui a commencé à peindre à l’âge de neuf ans.

C’est ce désir de créer une stabilité dans la vie des artistes qui a motivé le président à fonder sa compagnie de production d’artistes autogérés spécialisée en peinture murale, en street art et en esthétique urbaine. Il souhaite aussi uniformiser l’octroi de contrat afin qu’un artiste reçoive sa juste part du gâteau.

« Souvent les employeurs ne savent pas vraiment la valeur d’une murale. Il n’y a pas d’études qui permettent de mettre un prix sur une œuvre. Il ne faut pas seulement compter le temps que l’artiste prend pour peindre l’œuvre. Il faut aussi prendre en compte le temps qu’il passe à la recherche, à la confection et sur le matériel. Des fois, ce sont les artistes qui ne savent pas combien demander », explique M. Wilk.

Le choix de s’établir à Hochelaga-Maisonneuve n’a pas non plus été pris à la légère.

« Ici, je suis proche du monde. L’esthétique du quartier est aussi très intéressante pour les muralistes. Je veux contribuer au secteur, notamment à l’éducation culturelle. Hochelaga-Maisonneuve est une terre à exploiter pour les artistes », souligne celui qui a fait ses premiers « graffs » au Café graffiti.

À travers le monde

Avec sa vingtaine d’artistes, A’Shop a participé à de nombreux projets dans la métropole, mais aussi au Canada, aux États-Unis et en Europe. Une de ses œuvres les plus célèbres pare le mur d’une demeure de Notre-Dame-de-Grâce.

« J’ai des touristes qui m’appellent pour me demander où est notre murale, car ils veulent la voir pendant leur passage à Montréal. D’autres font le détour pour la prendre en photo. C’est fou », admet-il.

Dernièrement, la compagnie a participé à Expo Québec, afin de démystifier ce style artistique. Plus près de nous, A’Shop a conçu le pantin qui orne un mur de la maison de la culture Maisonneuve. Quelques employés s’attaquent en ce moment à la maison de la culture Mercier.

« Il y a eu beaucoup de développement au cours des dernières années, notamment auprès d’organismes et des élus. On travaille avec la ville sur des projets de ruelles vertes. On ouvre les yeux de la Ville sur les graffeurs, sur leur talent et les possibilités qu’ils offrent », indique-t-il.

La compagnie est beaucoup sollicitée à Toronto. Des clients et des artistes voudraient qu’une franchise A’Shop voit le jour dans cette ville.

« Nous sommes la seule compagnie du genre au Québec et même au Canada. Les clients torontois cognent à nos portes pour qu’on ouvre quelque chose là-bas, mais nous voulons encore développer la compagnie dans le secteur », explique-t-il.

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