Mercier & Anjou
18:41 4 août 2020 | mise à jour le: 4 août 2020 à 18:41 temps de lecture: 4 minutes

Le transport collectif perd du terrain dans certains secteurs de l’Est de Montréal

Le transport collectif perd du terrain dans certains secteurs de l’Est de Montréal
Photo: Archives Métro Média

Dans l’est de Montréal, c’est à Rivière-des-Prairies-Pointe-Aux-Trembles que les habitudes de transport ont le plus changé en cinq ans, notamment grâce à un gain de la popularité du transport collectif. Celui-ci a toutefois légèrement reculé dans d’autres secteurs, au profit de l’automobile.

C’est ce que révèlent les données de l’enquête Origine-destination effectuée en 2018. Une première version de celle-ci avait été dévoilée en janvier, mais les données par secteur ont été rendues publiques au courant de l’été.

Métro a analysé les données des arrondissements Anjou, Rivière-Des-Prairies-Pointe-Aux-Trembles, Saint-Léonard et Montréal-Nord en les comparant avec celles recueillies en 2013 pour voir comment la façon de se déplacer y a évolué en cinq ans.

Engouement timide pour le transport collectif

Les plus fortes hausses dans l’utilisation des transports en commun ont été enregistrées dans Rivière-des-Prairies et Pointe-Aux-Trembles, ou les parts modales de ce mode de transport sont respectivement passées de 19,2% à 22% et de 16,5% à 19,6%.

«On a une nouvelle clientèle avec des jeunes familles qui cherchent d’autres moyens de transport que la voiture, souligne la conseillère d’arrondissement Lisa Christensen. On a aussi travaillé sur des voies réservées et on a travaillé avec la Ville pour avoir une augmentation de service», ajoute-t-elle.

À Anjou, on note une légère augmentation de 17,8% à 18,1%.

Baisse

À Montréal-Nord et Saint-Léonard, les parts modales du transport collectif ont toutefois connu des baisses en cinq ans, alors qu’elles sont respectivement passées de 23% à 22,6% et 21,2% à 20%.

Pour la mairesse de Montréal-Nord, Christine Black, cette faible variation n’est pas une surprise.

«Le constat que moi je fais, c’est que le réseau qu’on a fait en sorte qu’on a vraiment atteint notre limite», soulève-t-elle.

Si elle souligne que le projet de Service rapide par bus (SRB) sur Pie-IX fera forcément fluctuer la popularité des transports collectifs chez les Nord-Montréalais, elle pense que le reste du réseau d’autobus actuel doit aussi être revu si on veut qu’il soit davantage utilisé.

«Il y a vraiment une réorganisation à faire des trajets et des fréquences dans l’est de Montréal, dit-elle. À Montréal-Nord, on a une population qui est très jeune, qui est souvent défavorisée, ce qui fait en sorte que les gens se retournent régulièrement vers les transports en commun. Les gens veulent les utiliser.»

Dans un courriel, la Société de transports de Montréal a affirmé agir en ce sens. «Nous avons débuté un processus de refonte du réseau bus où des consultations auront lieu en fonction de l’évolution des grands projets en transport (ex : SRB Pie IX dans l’est de Montréal)», a indiqué la porte-parole Isabelle A. Tremblay.

La voiture domine toujours

Dans la plupart des secteurs analysés, la voiture a gagné en popularité. La part modale de celle-ci est passée de 60,6% à 61,1% à Montréal-Nord, de 66,9% à 69,7% à Saint-Léonard de 72,2% à 72,6% à Anjou et de 73,8 à 74,4% à Rivière-des-Prairies.

Une baisse a toutefois été enregistrée à Pointe-Aux-Trembles où la part modale de la voiture affiche une diminution de 73,2% à 72,8%.

L’arrondissement de RDP-PAT s’est doté en 2017 d’un plan de déplacements visant notamment à réduire le nombre d’automobile par logis sur son territoire, l’un des plus élevés de Montréal (1,43).

Transport actif : baisse généralisée

Dans les cinq secteurs analysés, l’utilisation des véhicules non motorisés, soit le vélo, les patins à roues alignées, la planche à roulettes, la trottinette ou la marche à pied a connu une baisse de 2013 à 2018.

Articles similaires