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Prévention de la violence: Montréal-Nord accusé d’écarter le travail de rue

Roberson Berlus et Beauvoir Jean.
Roberson Berlus et Beauvoir Jean sont travailleurs de rue à Montréal-Nord depuis une quinzaine d’années. Photo: Anouk Lebel/Métro Média

Alors que Montréal-Nord est l’un des quartiers les plus touchés par la violence armée, un organisme reproche à l’arrondissement de mettre de côté les travailleurs de rue en attribuant la majorité du financement en prévention à de nouveaux projets.

Le coordonnateur du Café-Jeunesse Multiculturel, Slim Hammami, ne décolère pas depuis six mois.

Pendant quinze ans, les travailleurs de rue de son organisme étaient financés par une subvention de la Ville de Montréal octroyée par l’arrondissement de Montréal-Nord.

Cette année, on lui a offert une fraction de la somme habituelle: 25 000$ pour un poste de travailleuse de rue. Frustré, il a refusé l’argent. Il compte désormais sur le soutien de fondations privées.

«Ça n’aurait même pas permis de financer un salaire», laisse-t-il tomber, amer.

Un projet de travail de rue, ce ne sont pas des morceaux qu’on peut prendre séparément, c’est une démarche qui est globale.

Slim Hammami, coordonnateur du Café-Jeunese Multiculturel

Des intervenants connus des jeunes

La Ville de Montréal finançait les travailleurs de rue depuis 2006. En 2020, l’organisme a reçu 90 000$ et les dix années précédentes, plus ou moins 70 000$.

Cela lui permettait de payer trois intervenants : une travailleuse de rue auprès des jeunes filles, mais aussi Roberson Berlus et Beauvoir Jean, travailleurs de rue dans le quartier depuis une quinzaine d’années. Originaires de Montréal-Nord, ils sont bien connus des jeunes du secteur et même au-delà, fait valoir M. Hammami.

Il ne digère toujours pas que l’arrondissement ait ouvert le financement de la Ville de Montréal à d’autres organismes pour l’année 2021.

Au terme du processus de sélection, en juin, l’enveloppe de quelque 105 000$ a été attribuée à Hoodstock et au Centre des jeunes l’Escale.

Même si ce n’était pas mon organisme, je trouverais ça irresponsable. C’est une expertise qu’on développe depuis plus de 15 ans qu’on a failli perdre.

Slim Hammami, coordonnateur du Café-Jeunesse Multiculturel

Changement de programme

En entrevue, la mairesse de Montréal-Nord Christine Black souligne que l’arrondissement a toujours voulu collaborer avec le Café-Jeunesse Multiculturel. «On leur a réservé un montant, un montant considérable, pas quelques centaines de dollars. […] Ils ont fait le choix de le refuser», a-t-elle souligné.

Elle soutient que l’arrondissement a élargi l’appel d’offres à la suite d’un changement de programme à la Ville de Montréal.

En 2020, le programme Travail de rue a fait place au programme de Prévention de la violence commise et subie chez les jeunes, dont les critères sont beaucoup plus vastes et vont au-delà du travail de rue.

Avec mon administration, on a voulu amener plus d’équité dans les attributions de fonds, que les critères soient connus de tous.

Christine Black, mairesse de Montréal-Nord

Deux comités administratifs ont analysé les projets: un à l’arrondissement et un à la ville-centre.

Dans un courriel, la Ville de Montréal indique que le comité régional a évalué les projets recommandés par le comité local. «Le comité n’a pas de pouvoir décisionnel, l’arrondissement étant le maître d’œuvre dans la mesure où les balises du programme sont respectées», peut-on y lire.

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