« Essayez de vous battre contre le cancer! »
« Encourager les gens malades, ça les aide à combattre leur maladie alors je voudrais vous dire : essayez de vous battre contre ça », affirme Nycolanne Beauséjour.
Récemment choisie pour représenter l’activité de Leucan, la fillette de 8 ans adore son rôle et se faire prendre en photo. Elle admet toutefois avoir craint de devoir couper ses cheveux qui repoussent à peine.
« J’avais tout perdu mes cheveux et ça me manquait. Je suis contente que les gens se fassent raser parce qu’ils vont pouvoir donner leurs cheveux à ceux qui n’en ont pas. J’aurais aimé en avoir comme ça », raconte l’enfant qui malgré son jeune âge, comprend la gravité de sa maladie.
« Le cancer est quelque chose qu’il faut bien combattre parce que ça peut nous faire mourir », explique-t-elle.
La maladie
Le cauchemar des parents de la petite Nycolanne a commencé quelques mois après sa naissance, en janvier 2006. À l’époque, personne ne se doutait que les ronflements du bébé étaient causés par un cancer.
À mesure qu’elle grossissait dans son petit cou, une tumeur maligne comprimait sa trachée, menaçant de lui couper le souffle à tout moment. Ce n’est que lorsque l’enfant a eu sept mois que son père a remarqué la bosse.
« Je me suis tout de suite inquiété parce qu’il y a des cas de cancer dans ma famille, raconte Martine Beauséjour, sa mère. La terre a arrêté de tourner. »
Les médecins ont alors diagnostiqué un cancer dans les tissus mous du cou, du dos et du bras de la bambine. La petite fille a donc dû subir des traitements de chimiothérapie pendant plusieurs années. Ses parents se sont alors relayés à son chevet, dormant souvent à l’hôpital.
Aidée des traitements, Nycolanne a si bien combattu son cancer qu’il a finalement disparu. Pour la récompenser, la fillette a pu réaliser son souhait de visiter Walt Disney World, grâce à la fondation Rêves d’Enfants.
De l’âge de 3 ans à 5 ans, la fillette a pu mener une vie normale jusqu’en octobre 2011, où le malheur s’est abattu de nouveau sur la famille.
La fillette avait d’abord recommencé à se plaindre de douleur aux jambes. Puis un jour, sa gardienne a appelé sa mère pour l’avertir que sa fille se tordait de douleur et qu’elle ne pouvait plus marcher.
« La deuxième fois, c’est arrivé plus subitement et c’était plus grave parce que ça touchait des membres », raconte Mme Beauséjour d’une voix encore émue.
L’enfant était paralysé par une nouvelle tumeur qui lui écrasait des nerfs. Un médecin a alors suggéré aux parents de laisser aller leur enfant, condamné à devenir quadriplégique. Décidée à se battre, la mère a fait de la recherche pour découvrir qu’il existe une opération susceptible de sauver sa fille. Quatre jours plus tard, Nycolanne se faisait enlever la cinquième vertèbre.
Cette fois, Mme Beauséjour n’a pas pu continuer à travailler. Pendant 21 mois, elle s’est occupée de sa fille à temps plein. En plus des visites régulières à l’hôpital, la petite était souvent transportée à l’urgence pour des poussées de fièvre. Nycolanne a passé tant de temps à Sainte-Justine que c’est là qu’elle a appris à parler et à marcher.
Victoire
Deux ans après sa dernière rechute, le cancer de Nycolanne a presque complètement disparu, même si l’inquiétude d’une rechute n’est jamais loin. Chaque mois, elle doit retourner à l’hôpital pour des examens, surtout qu’elle a toujours quelques petites taches qui pourraient être cancéreuses. Sa maladie l’a laissée avec le bras gauche paralysé.
« Elle va faire de la physiothérapie et de l’ergothérapie, mais selon les spécialistes, elle est déjà allée chercher le maximum de ce qu’elle pouvait aller rechercher », explique sa mère.
Alors que ses cheveux repoussent tranquillement, la jeune fille reprend une vie normale ou presque. Lorsqu’elle sera grande, Nycolanne veut être coiffeuse ou médecin.
« J’aimerais être docteur parce que, vu que j’ai été malade, je pourrais raconter aux malades ce que j’ai vécu et les encourager à se forcer pour ne pas mourir », dit-elle.
Contrairement à sa mère qui témoigne de la dureté de l’épreuve; si on demande à Nycolanne si la lutte contre le cancer a été difficile, elle répond « non » avec un aplomb surprenant.
Le soutien est d’une importance capitale
La famille Beauséjour témoigne du soutien qu’elle a reçu des gens de Leucan.
« Ils nous ont beaucoup aidés, explique la mère de la fillette. Quand on allait à l’hôpital, Nycolanne avait droit aux massages, mais sa sœur aussi. Les bénévoles sont de l’or en barre. Ils s’occupent tellement bien des enfants et de leur famille que ça nous aide à passer au travers. »
Leucan a également permis à la famille de briser l’isolement en côtoyant d’autres familles dans la même situation qu’eux.
Il n’y a toutefois pas que Leucan qui a aidé les Beauséjour. Une page Facebook a également été créée pour encourager Nycolanne.
« J’aime ça regarder les photos et lire les messages des gens, affirme la fillette. Je me souviens des vidéos de Jonathan qui m’ont beaucoup touchée. À un moment, il a demandé aux gens de faire des dessins pour nous. »
Jonathan Skyz Pipunic est un rappeur qui a enregistré l’album « si je pouvais remixer ma vie » pour encourager Nycolanne et amasser plus de 3000 $ pour soutenir sa famille. Sa chanson a été en partie écrite à partir du témoignage de Mme Beauséjour.
La page Facebook Une pensée pour Nycolanne
Défi têtes rasées
Depuis 14 ans, 60 000 personnes se sont fait raser la tête dans le cadre du Défi. L’événement permet d’amasser des fonds pour la recherche et le soutien des familles ainsi que des cheveux pour faire des perruques.
15 mai 2014, de 11 h à 14 h : Place Ville Marie
25 mai, de 12 h à 15 h: Carrefour Angrignon
25 mai, de 10 h à 15 h: Marché Central
15 juin, de 12 h à 15 h: Carrefour Laval
6 juillet, de 12 h à 14 h: Fairview Pointe Claire
12 juillet, de 13 h à 16 h: Centre Eaton
21 septembre, de 13 h à 16 h: Galeries d’Anjou