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Un monument s’éteint

Intègre, près des gens et franc : Yves Ryan qui a dirigé l’Hôtel de Ville pendant 38 ans est décédé dimanche matin, plongeant Montréal-Nord dans un profond deuil. « La politique municipale a perdu un véritable monument, a affirmé Denis Coderre, maire de Montréal et ami du disparu. Il a laissé un souvenir indélébile et tout le monde parle de lui à Montréal-Nord en ce moment. »

Élu maire pour la première fois en 1963, M. Ryan a gagné 10 scrutins jusqu’en 2001. À l’aube des fusions municipales auxquelles il était farouchement opposé, il avait finalement choisi de prendre sa retraite.

Carrière inspirante

M. Ryan a inspiré de nombreuses personnalités politiques, dont le maire Coderre. Ce dernier avait fait sa rencontre à l’âge de 19 ans, lors d’une conférence donnée par le maire au Club optimiste.

« Yves représentait ce que devrait être le service public. Il est un modèle à suivre », estime M. Coderre. Les deux voisins se sont ensuite côtoyés pendant plusieurs années pour parler de politique en sirotant un verre de gin pour M. Ryan et de scotch pour M. Coderre.

« Il disait que notre sport national était la politique, alors on finissait toujours par parler de cela. Il aimait beaucoup parler et comprendre ce qui se passait. On échangeait énormément et il me donnait parfois des conseils », affirme celui qui le considère comme l’un de ses mentors.

M. Coderre se souvient surtout de l’homme de proximité qu’il était. Cette proximité a aussi marqué les fonctionnaires avec qui M. Ryan a travaillé au fil des ans.

« Il était un homme ordinaire qui venait souvent rencontrer les gens lors d’activités à la bibliothèque, raconte Lucie Pelletier, technicienne en documentation à l’arrondissement. Il était très accessible et ne voulait pas trop d’intermédiaires entre lui et les gens. »

M. Ryan a aussi marqué par son intégrité. Michel Morin, ex-col blanc de l’arrondissement, se rappelle d’une fête que les employés voulaient organiser dans un aréna. Le maire leur avait dit qu’ils devraient passer le processus comme n’importe quel autre organisme.

« Un des hommes les plus intègres du Québec disparaît aujourd’hui », estime-t-il.

Héritage à Montréal-Nord

Cette rigueur et cette proximité avec les gens sont d’ailleurs deux héritages importants qu’a laissés M. Ryan à Montréal-Nord selon Monica Ricourt, la mairesse suppléante de l’arrondissement. Elle note, entre autres, sa gestion rigoureuse et sa proximité avec les gens.

« M. Ryan connaissait plusieurs citoyens par leur nom, raconte-t-elle. Cette politique de terrain est un héritage que nous avons continué à cultiver à Montréal-Nord. »

Un autre héritage plus concret est la bibliothèque Charleroi inaugurée dans les années 1970. Cette première bibliothèque de la Ville est ensuite devenue la première bibliothèque informatisée au Canada. Avec ses 18 000 abonnées, Montréal-Nord est d’ailleurs un des arrondissements avec le plus haut taux de prêts de livres par habitant.

« C’est un héritage culturel qui montre bien la vision qu’il avait », conclut Mme Ricourt.

La vie d’Yves Ryan

1915 : Fondation de Montréal-Nord.

1928 : Naissance d’Yves Ryan à Montréal. Il est le cadet de Gérald et de Claude Ryan (ancien chef du Parti libéral du Québec).

1948 : Après ses études au Collège Sainte-Croix, il se marie et s’installe sur la rue Lamoureux à Montréal-Nord.

1952-1956 : Il est rédacteur en chef du journal « Le Montréal-Nord ».

1957 : Il fonde « Le Guide de Montréal-Nord » dont la devise est : « Indépendant en politique ».

1963 : Il quitte le poste de rédacteur en chef pour fonder le parti « Le Renouveau municipal » et se lancer à la mairie de Montréal-Nord. Il sera réélu 10 fois au titre de maire jusqu’en 2001.

1968 : En plus de sa fonction de maire, il devient le président de l’Union des municipalités du Québec. Cette année-là, il se présente aussi comme député pour le Parti progressiste-conservateur du Canada, mais perd les élections.

1969 : Il est aussi président du Bureau provincial d’aménagement du nouvel aéroport de Mirabel.

1975-1977 : Il participe à la fondation du comité exécutif de la Communauté urbaine de Montréal, dont il sera le vice-président de 1975 à 1977.

1968 : Il se présente sous la bannière du Parti progressiste-conservateur du Canada, mais n’est pas élu.

2001 : À la veille des fusions municipales, il prend sa retraite.

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