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L’engagement

L’année 2013 pourra difficilement surpasser celle qui s’est terminée il y a un mois en intensité. Plusieurs moments de 2012 auront marqués à l’encre indélébile l’histoire du Québec. Pensons au Printemps érable, à la fin du règne libéral ou aux démissions successives de maires dans la foulée de la commission Charbonneau. Chacun de ces événements a été l’occasion de se questionner sur l’engagement citoyen et la démocratie. Je vous propose en 2013 de réfléchir plus avant au thème de l’engagement.

L’engagement d’un citoyen ou d’une citoyenne n’est pas seulement bénéfique pour une communauté qui se revendique de la démocratie : il est indispensable. À l’inverse de la désaffection que suscite le cynisme face à la politique, une tendance lourde et compréhensible, une épopée de société telle que le Printemps érable nous promet désormais une génération de jeunes gens prêts s’engager auprès de leur communauté plutôt que de suivre une simple trajectoire individualiste. C’est une excellente nouvelle.

Certes, l’engagement n’est pas une science et il ne demande de formation particulière. Il exige néanmoins de rompre avec une attitude de passivité et il nécessite donc un effort, l’apprentissage d’une forme de sens critique et, pour certains, il deviendra un véritable art de vivre.

Le drame, c’est que nos institutions ont intériorisé les valeurs de compétition de tous contre tous qu’on a introduites jusque dans les écoles, les hôpitaux, les organismes communautaires… Nous avons introduit la logique de concurrence du monde des affaires à l’intérieur d’organisations qui devaient au contraire enseigner le sens de l’intérêt public. Face à ce rouleau compresseur qui convainc les gens que tout est une affaire de rentabilité économique et que chaque individu est en fait une entreprise individuelle qui exploite son propre capital humain, militer n’est pas une chose toujours facile.

Ma famille m’a transmis une sensibilité pour la collectivité. Elle m’a inculqué, inconsciemment, un sens de la communauté. Ma famille était surtout nationaliste, une posture dont je me suis éloignée parce que ma solidarité pour le peuple ne pouvait pas se restreindre à un seul peuple. Dans mon cas, c’est le voyage, et le métissage de Montréal-Nord, qui m’a poussé à m’engager non seulement auprès de mon peuple, mais auprès de tous les peuples. Nous y reviendrons plus tard.

Il y a plusieurs façons de parvenir à l’engagement. Cette question m’a toujours fasciné. Pour certains, c’est un environnement social difficile qui les poussera à se battre aux côtés de leurs semblables pour améliorer leur sort. Pour d’autres, c’est un enseignement religieux qui motive un approfondissement de la communion avec l’humanité. Il y a plein de raisons qui poussent les personnes à s’engager.

Cet engagement peut être plus ou moins intense. Il peut être déçu et mener au désabusement. Il peut donner un sens à la vie, ou encore devenir un gagne-pain. Il peut avoir une issue favorable, il peut remporter de grandes victoires, mais le citoyen qui s’engage peut aussi se tromper et empirer une situation qu’il souhaitait améliorer.

Je me propose donc d’explorer en 2013 une série de thèmes associés à l’engagement. J’illustrerai ces chroniques par des exemples d’engagement et les mettrai en lien avec l’actualité.

 Guillaume Hébert

Montréal-Nord, le 5 février 2013

ted_hebert@yahoo.fr

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