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Esclave sexuelle : elle partage son expérience dans un livre

Giguère Claude - TC Media
Adolescente, Mélanie Carpentier est tombée dans le piège de gangs de rue et elle affirme être ensuite devenue une esclave sexuelle. Le fait qu’elle soit issue d’une famille de la classe moyenne ne l’a pas empêchée de tomber dans le cycle de la violence, de la drogue et de la prostitution. « Personne n’est à l’abri de ce qui m’est arrivé, peu importe la classe sociale ou le quartier de résidence », explique celle qui a grandi à Montréal-Nord. Dans le livre autobiographique qu’elle vient de publier, « J’ai été une esclave sexuelle – Se sortir des gangs de rue », elle parle de son histoire, mais aussi par la bande de celle de milliers de jeunes filles et de femmes.

Mélanie Carpentier a réussi à se sortir des griffes de ses exploiteurs non sans que cette expérience ait laissé de traces. Cela ne l’a pas empêchée, par la suite, d’entreprendre des études universitaires à l’UQAM où elle s’est spécialisée en intervention, une formation qu’elle poursuit en victimologie tout en menant plusieurs projets de front : donner des conférences, faire la promotion de son livre et travailler à mettre sur pied une maison d’hébergement.

L’idée d’écrire ce livre lui est venue au moment où elle a réussi à reprendre sa vie en main, vers 25 ans, explique la nouvelle auteure depuis le Salon du livre d’Outaouais où elle était pour en faire la promotion au moment de notre conversation. « Je voulais briser le silence sur le sort qui est réservé à pas mal de femmes. Je voulais qu’une voix dénonce ce qu’elles subissent », dit-elle, 10 ans plus tard et alors que ce projet vient enfin de voir le jour. Entre-temps, elle a travaillé au Service correctionnel du Canada ainsi que dans un centre jeunesse de Rivière-des-Prairies.

Personne n’est à l’abri

Contrairement à ce que plusieurs croient, des quartiers considérés « chauds » comme Montréal-Nord ne sont pas plus propices à ce que ces jeunes habitantes tombent dans le piège de la prostitution forcée. « Il est certain que certains facteurs de délinquance peuvent peser dans la balance, mais ça peut arriver à n’importe qui, n’importe où, dans n’importe quelle famille », assure Mélanie Carpentier.

Ce qui est certain, c’est que les exploiteurs sexuels utilisent la même manière de fonctionner pour approcher les filles et les emprisonner dans un cycle infernal. « Ils vont aller vers les filles qui manquent d’attention et d’estime de soi. Ce sont des hommes qui sont vraiment charmeurs et ils utilisent ça pour parvenir à leurs fins. »

Même chose pour ce qui est de construire des barreaux de prison invisibles. « C’est le même cercle qu’on observe avec le phénomène de la violence conjugale », dit Mme Carpentier. Et pour s’en sortir, il n’y a pas de science absolue, poursuit-elle. « La première étape, c’est de reconnaître qu’on a un problème et déjà là, on a 50 % du chemin de fait, ce qui n’est pas rien. Ensuite, il faut aller chercher de l’aide auprès de ressources spécialisées ou d’organismes communautaires. »

Justement, Mélanie Carpentier rêve maintenant de partager son expérience auprès de victimes et elle travaille à fonder une ressource d’hébergement d’urgence, La Maison de Mélanie. Si le site Internet et certaines ressources de référencement sont déjà en place, la recherche de financement pour que la maison existe physiquement est toujours en cours.

J’ai été une esclave sexuelle. Mélanie Carpentier. 266 pages. Béliveau éditeur.

www.lamaisondemelanie.ca

 

 

 

 

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