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Remorquage : des automobilistes sont excédés

Des automobilistes se plaignent des méthodes expéditives de la compagnie chargée de faire respecter les interdictions de stationnement en vigueur aux alentours de deux places d’affaires de Montréal-Nord. Pour avoir laissé son véhicule au centre commercial en raison d’une défectuosité de l’horodateur lors d’un rendez-vous au CLSC ou pour avoir traversé la rue afin de louer un film avant de revenir faire son épicerie, deux personnes qui ont contacté le Guide affirment avoir vécu une expérience très désagréable.

Marcel Demers, âgé de 78 ans, est en beau fusil. Après avoir subi une embolie pulmonaire, il devait se rendre chaque matin au CLSC de Montréal-Nord pour une prise de sang. Le 27 novembre dernier, il avait garé sa voiture, comme chaque matin à 6 h, dans le stationnement payant du CLSC, mais l’horodateur ne fonctionnait pas. Les portes ouvrent à 7 h pour les gens qui fréquentent la clinique de prélèvements, et il a donc décidé, exceptionnellement, d’aller garer sa voiture en face, à Place Bourassa.

Peu après, elle n’y était plus quand il est ressorti du CLSC. Il a contacté Remorquage Taxi Montréal dont un employé s’est présenté dans le stationnement presque désert, réclamant 75 $. N’ayant pas d’argent comptant sur lui, M. Demers s’est fait offrir de monter dans la remorqueuse en direction d’un guichet automatique tout proche.

« Je lui ai dit que je suis client de Desjardins, mais il m’a amené dans une Banque de Montréal. Ça ne fonctionnait pas et il a fini par entrer dans le guichet, il s’est montré impatient, il m’a dit « Écoute le père, tu es trop énervé », puis il a demandé à un autre client de m’aider parce je semblais ne pas lui faire confiance, disait-il. J’en ai eu assez et je suis parti à pied chez moi chercher de l’argent », raconte-t-il.

Revenu sur les lieux de l’infraction, il a de nouveau contacté la compagnie de remorquage. « Le même homme s’est présenté et m’a amené jusqu’à la rue Crevier où était mon véhicule. Il a déguerpi et c’est ensuite que j’ai constaté que mon pare-chocs avait été endommagé pendant le remorquage. » M. Demers n’entend pas faire de réclamation ou contester les frais qu’il a dû payer car, selon-lui, les frais d’avocat dépasseraient ce qu’il a dû débourser.

Ne pas quitter le stationnement

La même journée, Martin Lalancette s’est rendu à Place Bourassa avec l’intention de faire son épicerie au Super C, affirme-t-il. Il voulait aussi louer des films de l’autre côté de la rue. « Pour être écologique, je me suis stationné près de l’épicerie et je suis allé louer mes films avant d’aller faire mes courses. Quand je suis revenu, 15 minutes plus tard, ma voiture n’y était plus », explique l’homme qui affirme avoir paniqué à ce moment, certain de se l’être fait voler, et qui a contacté le 911.

Il a rapidement appris qu’il avait été remorqué et il a pu ravoir son véhicule en échange d’un paiement comptant de 75 $, après avoir appelé au numéro de l’entreprise Remorquage taxi Montréal , lequel apparait sur les affiches installées dans le stationnement de Place Bourassa.

Ces affiches indiquent clairement qu’il est réservé pour « les clients à l’intérieur seulement ». L’homme a très mal digéré l’expérience, tel qu’il nous l’a expliqué, au point de penser boycotter l’endroit.

Grave problème de délinquants

« Pourquoi être si excédé par le remorquage de son véhicule alors que l’affichage dans le stationnement du centre en fait état et indique bien qu’il est réservé aux clients à l’intérieur du centre commercial ? », répond Sylvie Laporte, directrice immobilière régionale chez Calloway real estate investment trust, propriétaire de Place Bourassa.

La gestionnaire ajoute cependant que le comportement du remorqueur avec qui aurait eu affaire M. Demers est inacceptable. « Place Bourassa et son administration n’endossent pas les actions, réactions ou la façon dont le ou les employés de Remorquage Taxi Montréal ont possiblement traité cette personne. La compagnie a d’ailleurs été avisée à cet effet. Nous avons zéro tolérance pour ce manque de civilité et de respect. C’est la première fois qu’une telle attitude nous est rapportée et nous espérons que c’est la dernière », a réagi Mme Laporte.

Mais elle ajoute que le problème des délinquants qui utilisent sans en avoir le droit les stationnements d’entreprises privées dans le secteur est majeur. « Il est important de noter que nous nous sommes dotés de ce service de surveillance et remorquage afin de protéger nos détaillants et la clientèle venant chez nous, pour qu’ils puissent trouver des places de stationnement facilement et rendre l’accès plus facile. Nous étions aux prises avec les commerçants voisins, leurs clients, les résidents, les employés des entreprises dans les environs ainsi qu’avec du co-voiturage utilisant notre parc de stationnement sans relâche et sans égard pour notre clientèle. La situation devenait ingérable et vraiment exaspérante. Il y a donc plus de cinq ans, nous avons mis ce contrat de remorquage en place et avons repris le contrôle sur la gestion de notre stationnement. Nos voisins, le CLSC de Montréal-Nord, Place Montréal-Nord et Place Levasseur l’ont fait par la suite », ajoute Mme Laporte, qui précise que « les stationnements de centre commerciaux sont privés, bien qu’ils soient ouverts au public ».

 

 

 

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