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L'organisation scolaire à Montréal-Nord

Montréal-Nord s’est développée selon deux pôles distincts : la partie Est (noyau Sainte-Gertrude) et la partie Ouest (noyau Saint-Vital). Sur le plan scolaire, en 1915, on retrouve également deux conseils scolaires. Pour la partie Est, c’est la Commission scolaire Saint-Charles-du Bas-du-Sault et, pour la partie Ouest, c’est la Commission scolaire du Sault-au-Récollet.

Dans le premier cas, il s’agissait, en 1915, d’administrer la petite école Saint-Charles située au 5080, boulevard Gouin. En 1917, l’accroissement du nombre d’élèves a obligé la Commission scolaire Saint-Charles-du Bas-du-Sault à considérer un agrandissement ou une expansion. Finalement les commissaires optent pour la construction de deux écoles : l’une située plus à l’est, au 5700, boulevard Gouin, l’école Léonard, (en 1965, le bâtiment était occupé par les Pères Servites de Marie, nom donné en l’honneur du président des commissaires, l’autre, près du boulevard Pie-1X, l’école Germain-Valade, appellation formée du nom de l’ancien propriétaire du terrain, Edmond Valade et de son épouse, Ida Germain. Les écoles ont ouvert leurs portes, la première, en septembre 1918 et, la seconde, à la mi-octobre de la même année.

En septembre 1926, à l’invitation de l’abbé Emmanuel Carrière, les religieuses de Sainte-Croix acceptent de diriger l’école Sainte-Gertrude, construite en 1925, – que l’on appelait familièrement « couvent » – où l’on n’accueillait que les filles. À l’école Germain-Valade, qui était réservée aux garçons, on y trouvait aussi des filles. Le personnel enseignant demeurait dans l’école, à l’étage. En 1923, quatre institutrices y habitaient : Léontine et Lumina Bastien et Florida et Antonia Pelletier. Les enfants qui fréquentaient ces écoles devaient se déplacer à pied, peu importe la saison. C’était de même lorsqu’il fallait aller en confession ou faire sa première communion, on devait se rendre aussi à pied, à l’église de la Visitation, en empruntant le boulevard Gouin. Après 1925, on fréquentait les églises Sainte-Gertrude et Saint-Vital, les lieux de culte s’étant rapprochés.

La Commission scolaire du Sault-au-Récollet avait la responsabilité du reste du territoire. La première école fut installée à l’hôtel Laplante, face à la montée Saint-Michel, en 1917. Elle accueillait douze élèves et l’institutrice était Mlle Larose. En 1918, l’école a été logée dans une maison située au coin de la rue Émile et de la voie ferrée.- tramway 40. Elle comprenait trois ou quatre classes. C’est au cours de cette même année que la Commission scolaire du Sault-au-Récollet est passée sous l’autorité de la Commission des Écoles catholiques de Montréal. Celle-ci a entrepris la construction de l’école Nicolas-Viel qui a été inaugurée en 1922.

À toutes les époques, les fusions n’ont jamais été populaires. Selon Lorraine Fonck-Twardy, même les prières n’ont pu empêcher l’annexion de la Commission scolaire Saint-Charles-du Bas-du-Sault à la Commission des Écoles catholiques de Montréal en 1929. Elle rappelait avec nostalgie ses années d’enfance à l’école Germain-Valade, dirigée alors par Théodule Ouellette, qui enseignait également la 7e année. C’est en 3e année qu’elle a prise goût à l’enseignement, car l’institutrice la faisait agir comme monitrice pour l’apprentissage de l’anglais.

Après l’annexion, l’école Germain-Valade est devenue Saint-Vital. Trois instituteurs se sont ajoutés au personnel enseignant : Lionel Racine, Armand Cléroux et Sylvio Paquin. En plus de leur travail à l’école, le premier s’occupait de la Caisse populaire et le dernier agissait comme maître de chapelle à l’église Saint-Vital.

En 1935, Lorraine Fonck-Twardy a obtenu son diplôme d’institutrice à l’école Normale Jacques-Cartier. Après avoir fait une journée de suppléance à l’école Nicolas-Viel, elle s’est retrouvée à Saint-Vital où elle a passé les plus belles années de sa vie à enseigner et à s’occuper du chant. Elle se souvenait particulièrement du chœur de chant de 1952, formé des filles de 8e et 9e années. Et aussi de Léon Bellefleur, enseignant de 3e année qui, pour joindre les deux bouts, peignait des tableaux qu’il vendait 5 ou 10 dollars. On retrouve aujourd’hui ses œuvres au Louvres, à Paris. Il a d’ailleurs remporté le Prix Paul-Émile Borduas, en 1977 et le Prix Louis-Philippe-Hébert, en 1985.

 

 

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