Soutenez

En pénurie de bénévoles

Collin-Lalonde Anabel - TC Media
Le noyau alimentaire de la Société Saint-Vincent de Paul, L’Essentiel, a un besoin criant de bénévoles. Le nouveau directeur de l’organisme, Richard Vézina, n’a qu’une poignée de bénévoles vers qui se tourner et sans équipage, le bateau n’avancera pas, dit-il.

À L’Essentiel, aucun employé n’est salarié. Ce sont tous des bénévoles. Plus souvent qu’autrement, ce sont des retraités et dans la grande majorité des cas, ce sont des femmes. Ouvert trois jours par semaine, le local doit être prêt à recevoir la soixantaine de personnes qui a recours à ses services chaque semaine. Les mercredis, jeudis et vendredis matins, les bénévoles puisent dans leurs réserves et remplissent les étagères. Il n’y a pas assez de bénévoles réguliers et les femmes, plus nombreuses, doivent soulever des caisses trop lourdes. De plus, elles sont parfois victimes de la colère et de l’impatience des plus démunis qui fréquentent l’endroit.

Impatience et violence à L’Essentiel

Plusieurs communautés se fient sur les services offerts par L’Essentiel, mais l’organisme n’est pas en mesure de répondre à leurs besoins alimentaires variés. La communauté arabe, par exemple, n’y trouvera pas de viande halal. C’est l’une des frustrations à laquelle L’Essentiel est confronté régulièrement.

De plus, afin de servir le plus de gens possible, le personnel doit imposer des limites d’achat sur certains aliments. Cela entraîne couramment une insatisfaction et une frustration des bénéficiaires du service. Il n’est pas rare que Guy Doré, assistant-directeur du groupe alimentaire, doive même intervenir. « Je leur dis calmement que s’ils ne retrouvent pas la raison, ils n’auront plus accès à nos services », explique-t-il. Et généralement ça fonctionne.

L’organisme a également dû instaurer un règlement afin de bien répartir ses denrées. La politique permet aux gens de venir remplir leur panier d’épicerie qu’une seule fois par mois; un autre facteur qui cause violence et révolte parmi la clientèle de L’Essentiel.

Un manque accru de bénévoles

L’équipe de bénévoles âgés ne parvient pas à exploiter le plein potentiel de son service de dépannage alimentaire. Quelques-uns d’entre eux sont les piliers de l’organisme; Guy Doré et sa femme sont là bien avant les heures d’ouverture et passent les commandes, remplissent les tablettes, etc. L’Essentiel est prêt à revoir leurs façons de faire et de servir la population, mais il manque plusieurs maillons dans la chaîne de personnel.

Guy Doré a une rencontre prévue avec les membres du centre des jeunes l’Escale. Il espère qu’un partenariat pourra se former. Il a déjà un plan, il lui suffit de trouver quelques jeunes pour le mettre en place. « Nous avons besoin de la relève », résume-t-il.

Pourtant, la relève semble bien difficile à rejoindre. Chapeauté par la Société Saint-Vincent de Paul, L’Essentiel a une forte connotation religieuse. « Le problème est peut-être là », avoue M. Doré. Toutefois, il est convaincu que les jeunes bénéficieraient de l’expérience. À la base, ce n’est pas un service religieux qui est offert, les gens de toute religion sont les bienvenus. « C’est un service alimentaire et pour les jeunes qui cherchent un emploi dans ce domaine, une première expérience à L’Essentiel leur servira », estime-t-il.

Le fonctionnement de l’organisme

D’abord, les citoyens doivent se présentent aux paroisses Saint-Rémi, Saint-Vincent-Marie-Strambi et Sainte-Colette pour recevoir leurs bons de commande valides à L’Essentiel. Ils s’y arrêtent également pour acheter des vêtements à bon prix. Ces trois conférences émettent des bons – la valeur de chacun dépend de chaque cas- et elles les réfèrent à l’organisme affilié à la Société Saint-Vincent de Paul. Les paroissiens de Sainte-Gertrude se présentent directement au comptoir de L’Essentiel. « Nous avons environ 200 dossiers pour Sainte-Gertrude uniquement », lance Guy Doré.

Le local de l’avenue l’Archevêque accueille une soixantaine de personnes par semaine. Les bénévoles les prennent en charge et les accompagnent dans les rayons à étagères afin de s’assurer que leur panier d’épicerie ne dépasse pas leur budget.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.