Soutenez

Le basketball masculin en péril?

Le basketball masculin au cégep Marie-Victorin s’est heurté à un obstacle de taille, cette saison. Le manque de programmes majoritairement fréquentés par des garçons pourrait nuire au succès de ce sport.

« À Marie-Victorin, 78 % des étudiants sont des filles. Ça complique grandement le recrutement de joueurs pour les équipes masculines », souligne Gerry Neree, entraîneur en chef du programme de basketball masculin du cégep.

Les programmes populaires auprès de la gent masculine ne sont pas offerts à Marie-Victorin, affirme M. Neree. « Les joueurs de basketball étudient en administration, en gestion ou en économie. À Marie-Victorin, les programmes offerts sont, entre autres, la mode et la musique. Ce n’est pas d’un grand intérêt pour les garçons », estime-t-il.

L’ancien étudiant du cégep a déjà remarqué les répercussions d’un tel environnement. « J’avais recruté huit joueurs de différentes écoles secondaires au cours de la saison. Plus de la moitié m’ont appelé pour se désister, car le programme de leur choix n’était pas offert à Marie-Victorin. »

Pour ajouter un nouveau programme, l’établissement scolaire doit envoyer sa demande au ministère de l’Éducation. Un processus qui peut s’avérer très long. « La création d’un nouveau programme peut effectivement prendre plus d’un an. Il faut d’abord monter un dossier qui sera envoyé au ministère et qui justifie sa création, en tenant compte, entre autres, des besoins et de la localisation du cégep », explique Nathalie Baumgartner, coordonnatrice des communications et de la promotion du cégep Marie-Victorin.

Cette réalité met en cause le plan de travail de l’entraîneur. « Quand j’ai démarré le projet il y a deux ans, je voulais amener les Trappeurs à un niveau supérieur. Pour y arriver, j’avais prévu recruter des joueurs et commencer l’entraînement en été. Là, je dois tout recalculerJe dois recommencer à zéro, car je dois baser mon plan d’affaire sur de nombreux camps d’entraînement et de perfectionnement et non sur le recrutement, comme j’avais prévu », affirme-t-il.

Une situation qui démotive l’entraîneur. « C’est démoralisant. L’administration scolaire m’a confirmé qu’il n’y aura aucun changement dans les programmes. Je dois donc décidé si je continue l’aventure. Actuellement, je m’occupe du basketball civil de Laval. Je ne peux pas m’occuper de ces deux projets en même temps. Je dois alors faire un choix: développer le basketball dans l’établissement où j’ai fait mes études collégiales ou dans ma ville natale.

« Ce sont deux grands défis qui me demandent beaucoup d’énergie. J’ignore encore ce que je vais faire. Je me donne quelques semaines pour y penser. »

Si M. Neree renonce à poursuivre son travail au cégep montréalais, il est tout de même sûr que le programme de basketball masculin va toujours avoir sa place à Marie-Victorin. « Le basketball a corrigé de nombreux problèmes. Les gars ne flânent plus et ils sont plus disciplinés. C’est un bon outil d’intervention qui règle de nombreux problèmes de comportement. Le basketball est là pour rester, du moins je l’espère », souhaite l’entraîneur.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.