Le marché de l’emploi à Montréal-Nord connaît des gains et des pertes
« Tout le Québec subit des fermetures, précise la directrice générale du Carrefour jeunesse-emploi Bourassa-Sauvé, Bouchra Klaoua. C’est une tendance que l’on voit partout, notamment, à cause de la sous-traitance. »
Silvie Lafrenière, co-fondatrice d’Impulsion Travail, remarque les mêmes tendances. Mais une fermeture n’a pas nécessairement le même impact sur un travailleur d’âge plus mature. Elle constate qu’il leur est plus difficile de faire un retour aux études pour développer de nouvelles compétences. « Nous avons affaire à une clientèle non-spécialisée et dans le cas des nouveaux emplois, les entreprises demandent un niveau de scolarité plus élevé et une formation professionnelle », soutient Mme Lafrenière. C’est à se demander si ces nouveaux postes sont comblés par des citoyens de Montréal-Nord ; la conseillère en emploi croit que oui.
« Les grosses compagnies veulent des gens qui sont plus mobiles pour des emplois sur appel, par exemple », dit-elle. Mais celles-ci ne représentent qu’environ 0,6 % des entreprises de l’arrondissement. Près de la moitié des compagnies de Montréal-Nord ont entre un et quatre employés.
« Les petites et moyennes entreprises engagent moins souvent localement puisqu’elles n’ont pas les ressources humaines pour diffuser les emplois, ajoute Alexandra Le Manac’h, agente de liaison au CJE Bourassa-Sauvé. C’est pourquoi il faut sensibiliser les entreprises au fait qu’il y a une main-d’œuvre locale prête et qualifiée à Montréal-Nord. » Les conseillers en emploi encouragent également les jeunes à considérer les entreprises manufacturières situées à l’extérieur de l’arrondissement.
Portrait du marché du travail
Au cours de la dernière décennie, le nombre d’emplois a augmenté sur le territoire, passant de 19 700 emplois en 2001 à 21 044 en 2011. Il s’agit d’un gain de 1274 postes. Pourtant, il y a eu des pertes considérables ailleurs. Derrière le commerce de détail, qui compte pour 19 % des emplois de l’arrondissement, le secteur de la fabrication représente 16, 2 % du total avec 3250 emplois. Il faut tout de même noter que 1625 postes ont été coupés entre 2001 et 2006. La fabrication de vêtements a sévèrement écopé avec un recul de 1065 emplois et la fermeture de 14 établissements. Selon le registre des entreprises de Statistique Canada, l’arrondissement comptait 1411 établissements en 2010, soit 3,9 % de moins qu’en 2009.
Les emplois non-spécialisés disparaissent peu à peu et les effets se font ressentir sur le taux de chômage. Le recensement de 2001 l’avait situé à 11,9 %. Cinq ans plus tard, le taux de chômage avait grimpé à 12, 5 %. Les données permettant d’établir le taux de chômage actuel n’ont pas encore été rendues disponibles par Statistique Canada.