Déportation : Villanueva dans l'attente
Après avoir essuyé un refus devant la Section d’appel de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié l’été dernier, Me Stéphane Handfield a porté la cause devant la Cour fédérale. Le refus de la Commission de l’immigration de rouvrir le dossier de Dany Villanueva malgré son acquittement pour une accusation de vol qualifié a surpris l’avocat.
« La décision de l’expulser était en partie basée sur cette accusation. Il était dangereux de se baser sur une cause pendante pour prendre une telle décision. Le refus de rouvrir son dossier m’étonne évidemment » explique Me Handfield.
Le juriste a aussi déposé une demande pour motifs humanitaires au ministre de l’Immigration. « Les délais moyens de réponse sont de 20 mois, affirme Me Handfield, mais j’ai un dossier semblable qui attend depuis 2009. Ce n’est donc pas demain la veille que nous aurons une réponse. »
Parallèlement, l’Agence des services frontaliers du Canada procède, depuis l’automne dernier, à un examen des risques avant renvoi.
Danger mortel
Me Handfield est catégorique : son client risque la mort s’il est déporté au Honduras. « Il a été menacé directement, nous en avons la preuve. Tout la publicité faite dans les médias au Canada au sujet de ses liens passés avec les rouges s’est rendue jusque là-bas, ou les maras, un dangereux gang armé, sont les ennemis jurés des rouges. C’est sans compter sur les escadrons de la mort liés aux autorités qui éliminent les membres ou présumés membres de gangs de rue. »
Pour appuyer la thèse selon laquelle la vie de Dany Villanueva est menacée dans le cas où il serait déporté, son avocat a déposé à la Cour fédérale un mémoire de plus de 500 pages.Fredy Villanueva, âgé de 18 ans, a été abattu le 9 août 2008 par un policier de Montréal-Nord. Après le début d’une enquête du coroner pour faire la lumière sur cet événement, en mai 2009, Dany Villanueva, présent lors de la mort de son frère, a reçu en avril 2010 un avis d’expulsion vers son pays natal.