Soutenez

Villanueva – Entre espoir et oubli

La famille et les amis de Fredy Villanueva ont récemment tenu une vigile pour souligner l’anniversaire de naissance du jeune abattu par un policier en 2008. Alors que de nombreux recours judiciaires sont tentés pour éviter la déportation de son frère Dany, son entourage se montre perplexe face à la baisse d’attention médiatique.

Lors de la vigile tenue le 6 avril dernier dans le stationnement de l’aréna Henri-Bourassa, seulement deux journalistes étaient sur place et pas une seule caméra de télévision. Cette situation contraste avec d’autres événements commémoratifs ou manifestations tenus par le passé.

« C’est un peu délicat, analyse Alexandre Popovic, du Comité de soutien à Dany Villanueva. On ne se racontera pas d’histoires : la couverture de cette affaire n’a pas toujours été favorable. Donc, je ne suis pas certain que les membres de la famille soient déçus de la baisse d’attention des médias. Mais il reste que l’attention publique, dans le cas de procédures d’expulsion, peut être utile, le soutien de la communauté étant un des critères observés par les commissaires à l’immigration. »

Pendant la vigile, la mère des frères Villanueva, Lilian, avait peine à retenir ses larmes. Elle refuse presque toutes les demandes d’entrevues car parler de la mort de Fredy ou de l’éventuelle déportation de Dany la bouleverse trop.

« Elle vit avec la douleur d’avoir perdu son fils et la crainte permanente de voir l’autre être déporté au Honduras, ce qui équivaudrait à une mort certaine, dit M. Popovic. Elle n’a aucune tranquillité d’esprit, ces deux histoires la hantent et elle n’ose plus regarder les nouvelles de peur d’entendre encore parler de Fredy. Elle apparaît comme une femme forte et elle a beaucoup de force, mais il reste que c’est une femme blessée. »

Comportement des policiers

À propos de la situation sociale à Montréal-Nord, Alexandre Popovic, qui est aussi impliqué dans la Coalition contre la répression et les abus policiers, se montre critique mais concède que certaines améliorations sont observables.  « Je n’ai pas de raisons de croire que le comportement des policiers a changé, surtout dans le secteur Nord-Est. Ce qui s’est passé avec Fredy est un cas extrême mais plein d’autres abus surviennent, dit il. Oui, les robinets d’argent se sont ouverts et plus de subventions sont disponibles pour divers projets, donc ce serait faux de dire que rien n’a changé. Mais, que ça plaise ou non aux gens de Montréal-Nord, le décès de Fredy est associé à ce quartier. Et il n’existe pas de magicien qui puisse injecter une dose d’amnésie collective à la population. Ce n’est pas en oubliant ces événements que nous en sortirons grandis. »

 

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.