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Les profs de Marie-Victorin derrière les grévistes

Giguère Claude - TC Media
Les enseignants du cégep Marie-Victorin ont organisé un grand bazar au profit de l’association étudiante de l’établissement frappé par une grève qui dure depuis 12 semaines. « Nous sommes touchés droit au cœur par la persévérance des étudiantes et des étudiants affrontant une crise sans précédent dans l’histoire du Québec », affirment les professeurs.

« C’est un projet né de façon spontanée », explique Helen Brunet, enseignante en commercialisation de la mode. Elle ajoute que la grande majorité des professeurs ont participé à l’activité de diverses manières, samedi dernier.

« Chacun apporte des choses qui auraient normalement été vendues dans des ventes de débarras de quartier, d’autres cuisinent des confiseries ou confectionnent des bijoux, aident à la préparation de la ruelle ou au transport », dit Mme Brunet.

Les enseignants ne craignent pas d’être critiqués pour cet appui financier au Syndicat étudiant du cégep Marie-Victorin. « Ça demeure possible… c’est normal, nous sommes dans une situation très problématique et les positions sont très polarisées », analyse l’enseignante.

L’événement Grand bazar hommage à la persévérance étudiante s’est tenu au cœur du Plateau Mont-Royal, dans la ruelle située entre la rue Laurier et le boulevard Saint-Joseph.

Des musiciens étudiants du cégep ont assuré l’animation, des professeurs ont troqué leur craie contre un tablier de cuisinier et se sont exercés au maniement de la spatule derrière les grilles de barbecues.

Près de 10 000 $ versés aux étudiants

Le bazar des professeurs a permis d’amasser 2500 $. À cette somme, le syndicat des enseignants a ajouté 4500 $, pour un total de 7000 $. « D’autres dons devraient être recueillis dans les jours à venir et porter le montant total versé aux étudiants à 10 000 $ », explique une exécutante de l’association étudiante, ajoutant que ce geste a touché les cégepiens.

Lundi, ils étaient réunis en assemblée générale, une rencontre qui avait été prévue avant l’offre faite samedi par la ministre de l’Éducation. Les étudiants ont rejeté l’offre dans une proportion écrasante de 96%.

Dans ce contexte, étudiants et enseignants sont conscients que le risque de voir la session être annulée ou reportée grandit chaque jour. « Tout le monde y pense, affirme Mme Brunet, c’est dans tous les esprits et on ne sait pas ce que les prochaines semaines nous réservent. Pour les étudiants, ça peut avoir des conséquences sur un emploi d’été, et pour les enseignants, sur des vacances planifiées de longue date. »

Un risque réel, donc, mais qui ne fera pas reculer les enseignants de Marie-Victorin désireux « d’exprimer leur soutien moral et de donner leur appui aux étudiants qui persévèrent dans une lutte courageuse, depuis plus de 12 semaines, pour une société plus juste et plus ouverte », justifient les organisateurs du bazar.  

Des étudiants de Montréal-Nord manifestent à Victoriaville

La veille de la tenue du bazar de solidarité des enseignants du cégep Marie-Victorin, près d’une cinquantaine d’étudiants de l’établissement se sont rendus manifester à Victoriaville dans un autobus loué par l’association étudiante. Ils en sont revenus choqués. Certains ont été blessés. « Plusieurs ont été atteints par des balles de plastique et, comme moi, ont été témoins de scènes d’horreur », explique Gabriella Garbeau, une des organisatrices. 

Cette soirée de protestations contre le Parti libéral du Québec a failli se solder par le décès d’un manifestant de l’Université Laval qui a subi une fracture du crâne. Un autre, du Cégep Saint-Laurent, a perdu l’usage d’un œil. Les policiers de la Sûreté du Québec, déployés en grand nombre, ont fait usage d’une grande quantité de gaz lacrymogènes en plus de tirer des balles de plastique en direction des manifestants.

Plus de 100 arrestations ont été faites lorsque des autobus, de retour vers Montréal, ont été interceptés dans la nuit. Celui de Marie-Victorin ne faisait pas partie du lot. Mis au courant des arrestations massives, les étudiants ont pris la décision de ne pas descendre de l’autobus au cégep, comme prévu au départ.

 

 

 

 

 

 

 

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