La seconde chance d’Habid Ibarra-Artiga
En troisième secondaire, Habid Ibarra-Artiga a abandonné ses études. Il a quitté la maison familiale pour s’installer en appartement avec sa cousine. « Je suis parti sur un coup de tête », se souvient-il. Ses heures à la chaîne de restauration rapide Subway payaient ses factures jusqu’au jour où il a laissé son emploi.
Le programme
Dans son groupe d’amis, plusieurs vivaient une situation semblable. L’une des filles du groupe suivait toutefois un parcours différent. En 2009, elle avait participé à la première édition du programme Ma seconde chance. Elle a alors mis Habid au courant que les Fourchettes de l’Espoir recherchaient des jeunes pour la deuxième édition. « Tu serais payé », lui a-t-elle appris.
En juillet 2010, il a débuté le programme. Pendant 26 semaines, lui et sept autres garçons âgés entre 17 et 24 ans se sont questionnés sur leurs objectifs de carrière. Adela Saez les a guidés et encouragés dans le processus.
« Impulsif et allumé »; voilà comment Mme Saez décrit Habid. Lorsqu’elle l’a rencontré, il a partagé avec elle son désir de devenir architecte. Mais, il n’avait pas de diplôme et un retour à l’école aurait été long et ardu. Ils ont donc essayé de trouver une alternative plus réalisable.
La chargée de projet a remarqué qu’Habid changeait souvent la couleur de ses cheveux. « Elle m’a dit qu’elle me voyait bien dans le métier de coiffeur, dit-il. Je n’y avais jamais pensé! »
La coiffure
Il a alors participé à la formule Élève d’un jour de l’école des métiers des Faubourgs afin d’observer le déroulement d’un cours de coiffure. Il a également évalué d’autres options. Le design intérieur et la cuisine l’intéressaient. À la fin novembre, il s’est inscrit au cours de coiffure et au mois de mars suivant, il faisait un retour à l’école.
Depuis, il fréquente l’école à temps plein. Il se lève à 5 h tous les matins et il a récemment été embauché à La Coupe Salon & Spa, sur la rue Peel comme assistant-coiffeur. Il est aussi retourné habiter chez sa mère.
« Je suis surpris de mon cheminement, confie-t-il. Le programme m’a donné le coup de pied dont j’avais besoin ».
Maintenant, il songe souvent à son avenir. Il aimerait d’ailleurs suivre un cours de perfectionnement à l’école de coiffure Vidal Sassoon, à Londres. Il se voit aussi démarrer son propre salon de coiffure.
En 2009, en collaboration avec Service Canada, les Fouchettes de l’Espoir ont lancé le programme de réinsertion sociale professionnelle Ma seconde chance. Pour Habid, l’intervention d’Adela Saez et Rita Aboud, psychologue bénévole, ont faites toute la différence. De son groupe, cinq jeunes sont retournés à l’école. Plus d’un an plus tard, Habid passe régulièrement aux Fourchettes de l’Espoir pour leur donner des nouvelles.