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17:21 25 juin 2020 | mise à jour le: 25 juin 2020 à 18:20

Manifestation à Denis-Benjamin-Viger

Manifestation à Denis-Benjamin-Viger
Photo: François Lemieux/Cités NouvellesUne vingtaine de professionnelles en soins de santé ont manifesté devant le CHSLD Denis-Benjamin-Viger de L’Île-Bizard pour décrier la surcharge de travail.

Une vingtaine de professionnels en soins de santé ont manifesté devant le CHSLD Denis-Benjamin-Viger de L’Île-Bizard, le 18 juin, afin de réclamer l’implantation immédiate de ratios intervenants/patients «sécuritaires». Des rassemblements similaires ont eu lieu simultanément devant trois autres CHSLD à Trois-Rivières, Québec et Joliette.

«Il va y avoir une commission d’enquête sur certains décès s’étant produits pour voir s’il y a eu négligence. Nous, on dit qu’il ne faut pas attendre [les conclusions]», indique la vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Denise Joseph.

Cinq projets pilotes ont été réalisés afin de tester l’efficacité d’augmenter les ratios de patients par intervenant, en 2018. Les résultats sont éloquents selon Mme Joseph.

Ratios sécuritaires dans le réseau de la santé

«On remarque une diminution des infections et des chutes. Souvent, parce qu’on manque de personnel, on augmente les doses de médicaments pour garder les patients plus calmes. Avec des ratios sécuritaires, on peut diminuer les doses. Les patients sont beaucoup plus éveillés. On peut jaser avec eux et faire des activités», explique-t-elle.

En raison de la pandémie, plusieurs seraient épuisés et voudraient quitter la profession. «Si on commence tout de suite, on va éviter que le réseau ne se vide de ses professionnels. On veut les garder au travail et on va être capable probablement de ramener celles qui ont déjà quitté», fait valoir la présidente de la FIQ.

La situation au CHSLD Denis-Benjamin-Viger ne fait pas exception, surtout pour le quart de soir. Avec la COVID-19, les tâches ont augmenté, notamment avec la prise de température fréquente et les équipements de protection individuelle à changer entre chaque patient.

«Beaucoup d’infirmières sont tombées au combat et sont en congé de maladie», souligne Johanne Riendeau, la présidente du Syndicat des professionnelles en soins de santé de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

Saga judiciaire

En 2018, un arbitre du Tribunal du travail avait ordonné au Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) de l’Ouest-de-l’Île de modifier les horaires, de créer deux postes d’infirmière, dont une auxiliaire, d’engager quatre nouveaux préposés aux bénéficiaires et de modifier le statut de quatre préposés déjà en place, les faisant passer de temps partiel à temps plein.

La décision faisait suite à une plainte de surcharge de travail déposée par des infirmières syndiquées du CHSLD Denis-Benjamin-Viger, deux ans plus tôt.

En janvier 2019, le CIUSSS a procédé à l’embauche d’infirmières, mais a contesté l’embauche de préposés aux bénéficiaires additionnels. La cause est toujours pendante d’ici à une nouvelle audience.

Le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île a décliné nos demandes d’entrevue étant donné que la situation est judiciarisée.

«Des soins humains»

C’est sous ce thème que des dizaines de professionnelles en soins se sont rassemblées pour manifester devant quatre CHSLD québécois, le 18 juin.

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