Ouest-de-l’Île

Jennifer Abel aux JO: «J’ai le sentiment d’avoir atteint mes objectifs»

Jennifer Abel, médaillée d’argent aux Jeux olympiques. Photo: Gracieuseté/Dominique Ladouceur

Aux Jeux olympiques, Jennifer Abel a décroché une médaille d’argent au plongeon synchronisé à 3 mètres, avec sa partenaire Mélissa Citrini-Beaulieu. Au tremplin de 3 mètres individuel, elle s’est classée 8e. Bilan de l’expérience avec l’athlète qui évolue au club de Pointe-Claire.

Comment as-tu vécu ces Jeux olympiques assez particuliers?

C’était particulier, mais je suis contente de l’avoir fait et en étant en sécurité, c’était une belle façon de montrer aux gens qu’on peut retrouver un semblant de vie normale. Un règlement sanitaire très strict était appliqué, mais ça ne nous empêchait pas d’être concentrés sur la compétition. On était aussi tous prêts à fournir un effort pour prévenir les éclosions dans le village. Chaque matin, on avait un test COVID obligatoire. Ça a été la meilleure façon pour nous de faire les choses en étant tranquilles et sains d’esprit, pour pouvoir donner le meilleur de nous-mêmes. 

L’absence du public était-elle déstabilisante?

Ce n’était pas déstabilisant, mais cela m’a manqué. J’aurais voulu que ma famille y assiste. Plusieurs ont acheté leurs billets à l’avance, mais ont dû finalement annuler.

Je tiens surtout à remercier la population japonaise d’avoir accepté de maintenir les JO et de nous avoir donné un sentiment de sécurité. 

Pour la finale en duo, on a vu l’émotion sur ton visage quand tu as vu ta note avec ta coéquipière. Qu’est-ce que tu as ressenti à ce moment-là?

Je ne peux le décrire. J’étais à la fois heureuse et soulagée. Je me disais «ça y est, c’est maintenant, nous sommes médaillées d’argent aux JO, ensemble». Je n’aurais pas pu vivre ça avec quelqu’un d’autre que Mélissa. C’était vraiment ce qu’on voulait, on est allées la chercher en équipe. 

D’ailleurs, ton duo avec Mélissa connaît un fort succès. Comment l’expliques-tu?

Notre force, c’est notre feeling. On a toujours été là l’une pour l’autre. En dehors de l’eau, nous sommes amies. On voulait la même chose ensemble et on l’a fait ensemble. Il y a aussi plusieurs entraîneurs qui sont derrière ces performances-là. Depuis 2017, nous sommes des championnes, Mélissa et moi. Pouvoir maintenir ce niveau durant 4 ans, c’est un accomplissement. Eux aussi font partie de la performance, et c’est eux qui nous ont guidées. Pour moi, c’est un travail d’équipe et on a tous ressenti la même émotion, ce mélange de soulagement et d’excitation. 

As-tu réalisé ce que tu voulais pendant ces Jeux olympiques?

J’ai le sentiment d’avoir atteint mes objectifs pleinement. Je ne voulais pas être la même plongeuse que j’étais ces dernières années. Il fallait que je donne le meilleur de moi-même en étant consciente de la femme et de l’athlète que je suis devenue. Je voulais aussi terminer mes jeux avec un sentiment de satisfaction, une chose qu’une médaille ne pouvait pas m’apporter. C’était cela mon but. Sur la planche, je vivais le moment présent, d’où la beauté de mes Jeux. 

Qu’entends-tu par «la même plongeuse que ces dernières années»?

Avant, je ne pensais qu’à la performance. On nie comment on se sent. J’ai appris à vivre chaque moment et à ne pas repousser mon ressenti. Si j’étais nerveuse, j’étais nerveuse. J’ai eu des moments à Tokyo assez difficiles mentalement, mais j’ai été capable d’y faire face. Je voulais me tenir sur la planche et être convaincue d’avoir donné le meilleur de moi-même. 

Tu as annoncé ta retraite olympique à ton retour de Tokyo. Quels sont tes projets pour la suite?

C’étaient mes derniers JO, mais peut-être pas ma dernière compétition. Pour le moment, c’est le retour à la maison et le repos physique et mental, pour pouvoir prendre la meilleure décision ensuite et considérer s’il n’y a pas une meilleure opportunité qui s’offrirait à moi. 

La préparation en temps de COVID était épuisante. Chaque mois, on entendait que les Jeux n’allaient pas avoir lieu. C’était difficile psychologiquement. Je dois récupérer sur cet aspect. 

Tu plonges au club de Pointe-Claire; a-t-il une place particulière dans ton cœur?

C’est un endroit familial. Nous étions six du club aux JO. Le personnel est vraiment gentil. Il y a autant de place pour un enfant qui veut découvrir un passe-temps que pour un enfant voulant développer son potentiel et devenir champion olympique. C’est pour ça que le club de plongeon de Pointe-Claire a une place spéciale dans mon cœur. L’entraîneuse en chef, sans elle à mes côtés, je n’aurais pas eu cette médaille. Elle m’a écoutée, et c’est important pour un athlète de se sentir écouté par son entraîneur tout au long du cheminement.  

Articles récents du même sujet