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Les hommes victimes de violence conjugale sont très seuls

Les hommes subissant de la violence conjugale est un sujet tabou, au point où plusieurs victimes demeurent dans le silence. Ceux-ci ont pourtant un grand besoin de se sortir d’une situation intolérable. Comment leur permettre de s’ouvrir?

«Dans la croyance populaire, les hommes doivent être forts et protéger les femmes, mais certains vivent des situations de violence psychologique et physique. Il faut en parler! C’est un problème réel et les gens ne veulent pas l’aborder, exprime une dame œuvrant dans le milieu communautaire dans l’Ouest-de-l’île depuis 30 ans, qui préfère garder l’anonymat. Ça a commencé comme ça avec les femmes victime de violence. On s’est dit: “Si le phénomène existe pour une personne, ça veut dire qu’il y en a d’autres dans la même situation”.»

Selon Vincent Richer, mandataire du dossier de violence conjugale au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), la violence conjugale est un phénomène très complexe. «Quand c’est un homme qui subit de la violence de la part de sa conjointe, on ajoute un élément de complexité supplémentaire. Les hommes dans cette situation craignent de se faire dire par leurs proches: “Tu n’es pas capable de te défendre”, alors que ce n’est pas ça l’enjeu», explique-t-il.

Au sein des deux CLSC de l’Ouest-de-l’Île où on offre de l’aide aux personnes vivant différents problèmes relationnels, aucune demande spécifique à ce sujet n’a été reçue.

Du côté des Postes de quartier (PDQ) de l’Ouest-de-l’Île, on répertorie des appels de ce type au PDQ 3 (Pierrefonds et L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève), mais pas au PDQ 4 (Dollard-des-Ormeaux). L’agente sociocommunautaire Chantal Castonguay du PDQ 4 n’a jamais eu de cas d’un homme subissant de la violence conjugale dans le secteur qu’elle dessert.

Par contre, au début de sa carrière, alors qu’elle était affectée à un autre territoire dans la métropole, elle a reçu une plainte pour un homme dont la femme le battait.

«Ce n’est pas monnaie courante, mais on le voit, indique Mme Castonguay. On offre le support qu’ils veulent bien recevoir.»

Les PDQ 1 (Sainte-Anne-de-Bellevue, Baie-D’Urfé, Senneville et Kirkland) et PDQ 5 (Pointe-Claire et Dorval) n’avaient pas retournés notre appel au moment de mettre sous presse.

Des policiers sensibilisés

Selon des statistiques internes soulevées par M. Richer, 10 à 15% des victimes de violence conjugale répertoriées par le SPVM sont des hommes. Ce pourcentage inclut les couples de même sexe.

Même si les policiers ne sont pas souvent confrontés à ce genre de phénomène, ça ne les empêchent pas d’y être sensibilisés. Il y a trois ans, les agents en violence conjugale et intrafamiliale des PDQ ont reçu une formation sur le phénomène.

On leur a entre autres présenté une capsule vidéo réalisée par la Table de concertation en violence conjugale de Montréal présentant plusieurs réalités particulières, dont celle des hommes subissant de la violence conjugale.

«Les outils donnés aux policiers leur permettent d’être plus attentifs à certains éléments lorsqu’ils vont dans des milieux où il y a de la violence conjugale. L’Idée est de bien analyser les situations», conclu M. Richer.

Accueil psychosocial en cas de difficultés: CLSC de Pierrefonds, 514 626-2572, poste 3956; CLSC du Lac-Saint-Louis, 514 697-4110, poste 1559.

(Autre texte à lire)

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