L'Ouest-de-l'Île: une terre aride pour le PQ
Michaël Comtois-Lussier, candidat dans Robert-Baldwin, a toujours habité à Saint-Hyacinthe et n’a pas de liens connus avec l’Ouest-de-l’Île. Quant aux deux autres, Laurence Desroches (Jacques-Cartier) et Louis-David Bénard (Nelligan), ils résident dans la circonscription où ils se présentent pour une première fois.
L’Ouest-de-l’Île est un territoire traditionnellement libéral et à forte majorité anglophone. En 2012, les candidats du Parti libéral du Québec (PLQ) avaient récolté des majorités allant de 66 % à un peu plus de 75 % des suffrages.
Cités Nouvelles s’est intéressé à ceux se présentant pour le parti actuellement au pouvoir dans les trois circonscriptions de l’Ouest-de-l’Île afin de connaître les défis, motivations et appréhensions de chacun d’eux dans cette course aux suffrages qui aboutira le 7 avril.
Beaucoup d’espoir
La candidate Laurence Desroches, 23 ans, a grandi à Sainte-Anne-de-Bellevue dans une famille aux allégeances du parti dans lequel elle milite depuis près de quatre ans. En 2012, le PQ était arrivé quatrième dans son comté, Jacques-Cartier, avec 3,67 % des voix, après le Parti vert du Québec (PVQ) et la Coalition Avenir Québec (CAQ).
Elle constate que les défis sont grands pour son parti dans l’Ouest-de-l’Île, mais espère qu’un vent de changement soufflera sur son territoire. «Je suis allée rencontrer plusieurs citoyens et je me promène depuis quelques jours et les gens sont ouverts et contents de voir une jeune qui s’implique», indique-t-elle, en ajoutant que le débat tourne particulièrement autour d’un référendum.
Quant à Louis-David Bénard, 24 ans, candidat dans Nelligan, il trouve des appuis surtout auprès des jeunes du cégep Gérald-Godin. «Je vous dirais que c’est difficile, et quand je fais du porte-à-porte, souvent les gens ne me connaissent pas et il faut que je fasse ma place. Je parle avec des anglophones, ils m’invitent chez eux, mais me disent qu’ils ne voteront pas pour moi en fin de compte.»
Michaël Comtois-Lussier étudie au baccalauréat en administration des affaires à l’Université de Sherbrooke. Il tient un discours porté sur l’économie et l’environnement lorsqu’il rencontre les citoyens dans Robert-Baldwin le week-end. «Je crois à la cohabitation entre différentes cultures, indique-t-il. C’est un projet de société qu’on propose et nos portes sont ouvertes à tous.»
Il trouve cependant une facilité à interpeller les souverainistes et la population francophone déjà convaincue par les idées de son parti. L’homme de 21 ans admet que le Parti québécois n’aurait pas pu avoir de candidats vedettes dans l’Ouest-de-l’Île étant donné le poids du PLQ sur ce territoire depuis toujours. «C’est souvent des militants [de la base] qui se présentent», indique-t-il.
Quelles sont les motivations?
Laurence Desroches ne se présente pas seulement pour son étoffer son curriculum vitae et prend son rôle bien au sérieux. Pour Louis-David Bénard, se présenter dans Nelligan, le comté dans lequel il a grandi, lui permet de défendre les points de vue du PQ et favoriser le fait français. Michaël Comtois-Lussier ne ferme pas la porte à une implication future plus importante au sein du parti.
«En ayant cela dans mon CV, c’est sûr que ça va m’aider. Avec mes implications à Saint-Hyacinthe et dans Robert-Baldwin, qui sait où cela me mènera?»
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