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Retour au bercail pour L'Apothéose de Jeanne d'Arc

Après une mise à l’écart de 67 ans, la toile L’Apothéose de Jeanne d’Arc réalisée en 1921 par le peintre québécois Ozias Leduc est de retour à son lieu d’origine dans la paroisse Saint-Raphaël Archange à l’Île-Bizard. Avant d’être réinstallée, l’œuvre a dû être restaurée. Une artiste a consacré plus de 700 heures pour la remettre en état. Petite histoire d’un trésor oublié, enroulé dans un coin d’une galerie d’art.

De 1919 à 1921, la paroisse engage les peintres Ozias Leduc et Adélard Trépanier pour décorer l’église. Au même moment, Ozias Leduc est engagé pour peindre une toile représentant l’Apothéose de Jeanne d’Arc. Cette œuvre n’était plus dans l’église Saint-Raphaël Archange depuis 1947, année où le curé de l’époque a entamé d’autres travaux de décoration. Ces changements ont mené au retrait de tableaux ainsi que de moulures et de sculptures en bois.

La toile a séjourné pendant de nombreuses années chez une professeure d’art de Saint-Lambert avant de se retrouver dans une galerie d’art d’Ottawa, puis de Gatineau. C’est Éliane Labastrou, une résidente de l’Île-Bizard passionnée d’histoire qui a contribué à retrouver la toile.

En 1976, alors que Mme Labastrou travaillait sur un projet de livre sur l’histoire de l’île-Bizard, elle prend connaissance d’un article relevé dans les registres paroissiaux où il est question de l’inauguration de trois toiles dans l’église en 1921, dont celle d’Ozias Leduc.

Piteux état

Elle en trouve d’abord la trace sous la forme d’une carte postale dans les archives publiques d’Ottawa. Par la suite, Mme Labastrou poursuit son enquête et entre en contact avec la nièce du peintre qui les oriente vers les Archives nationales du Québec où sont conservées les archives d’Ozias Leduc. C’est finalement à la fin des années 1990 et début 2000 avec l’aide de l’abbé Robert Gendreau de la paroisse que l’œuvre est finalement retrouvée en piteux état dans une galerie d’art de Gatineau.

«Quand mon mari est allé voir, la toile était roulée dans un coin de cette galerie. Sa restauration nécessitait des frais importants. La suite appartient au curé Robert Gendreau et au marguillier actuel», souligne Éliane Labastrous, membre du conseil d’administration de la Société patrimoine et histoire de l’Île-Bizard et Sainte-Geneviève

«Je suis heureuse de cette conclusion, car j’ai assez regretté qu’elle ne soit pas dans notre église. Au point de vue patrimonial, cette toile est importante. À l’origine, elle a été payée 450$ par souscription publique», précise-t-elle.

«La population de l’Île-Bizard doit être fière qu’il y ait une œuvre d’art de grande qualité sur le territoire», ajoute André Laniel, vice-président de la Société patrimoine locale.

Importante restauration

Le travail de restauration a coûté 44 500$. La paroisse Saint-Raphaël Archange n’avait pas les moyens de défrayer ce montant. Le Diocèse de Montréal a payé la facture et a reçu par la suite une subvention du ministère de la Culture couvrant 70% des frais. Le Diocèse de Montréal est donc propriétaire de l’œuvre et la paroisse Saint-Raphaël Archange en est la gardienne.

Le travail de restauration a été réalisé par Éloïse Paquette, restauratrice de peintures du Centre de conservation du Québec. Mme Paquette a mis plus de 700 heures de travail pour remettre l’œuvre en état.

«Le défi particulier était d’enlever le surpeint sur cette toile d’une dimension de 14 X 7 pieds. On avait peinturé par-dessus l’œuvre originale, probablement parce qu’on voulait la rafraîchir en la mettant au goût du jour. L’objectif a été d’enlever ces ajouts sans attaquer le tableau original», a indiqué M. Paquette.

Le travail a pris un an et demi.

Dévoilement officiel

Une cérémonie se tiendra le vendredi 30 mai pour dévoiler officiellement l’œuvre restaurée. La rencontre se tiendra de 17h à 19h, à l’église de la paroisse Saint-Raphaël Archange (495, rue Cherrier, Île-Bizard).

«Le retour de cette toile arrive en même temps que le 175e anniversaire de fondation de notre paroisse. Ce n’était pas planifié, mais on est très content», souligne le marguillier Serge Gagné.

Éléments biographiques sur Ozias Leduc

-Né à Saint-Hilaire en 1864, Ozias Leduc (1864-1955) est l’un des peintres les plus importants du Québec. Il est le maître d’artistes tels Paul-Émile Borduas et Gabrielle Messier. Leduc peint beaucoup de portraits, de natures mortes et de paysages, et accompli quelques travaux sur des édifices religieux. Leduc est surnommé « le sage de St-Hilaire».

– Peintre religieux, il commence à travailler sur ses propres décorations d’église. Après avoir travaillé à la décoration de l’intérieur de l’église Saint-Paul-l’Ermite (1892), il obtient son premier contrat important pour la cathédrale de Joliette, pour laquelle il peint un groupe de 23 tableaux religieux. Vers 1896, il retourne se fixer pour des raisons professionnelles à Saint-Hilaire.

– Parmi ses œuvres les plus importantes, on trouve l’église de St-Hilaire (1894-1899).

– Pendant sa carrière, il décore plus de 30 églises et chapelles au Québec, en Nouvelle-Écosse et dans l’Est des États-Unis.

– Il décède à Saint-Hyacinthe en 1955

(Source: Wikipedia)

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