Le projet de résidences étudiantes sur la glace
Au printemps dernier, la transformation du 13 rue Chauret à Sainte-Geneviève en résidences étudiantes du collège Gérald-Godin allait bon train. Fin juillet, l’arrondissement a toutefois appris que le projet était abandonné.
«Nous sommes très déçus parce que des démarches étaient entreprises jusqu’à ce que M. (Marcel) Côté quitte», a souligné lundi le maire de l’arrondissement de L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève, Richard Bélanger. Selon l’élu, le dossier était prioritaire pour le collège. L’arrondissement avait même adopté un règlement de zonage au mois de mars pour la transformation éventuelle d’une partie du bâtiment en résidence étudiante. L’immeuble aurait même pu accueillir jusqu’à 30 collégiens.
Toutefois, M. Bélanger a reçu une lettre de l’ancien directeur général du cégep, Marcel Côté, le 26 juillet lui indiquant que pour l’instant le projet était mis de côté.
Une rencontre entre les élus de l’arrondissement et la direction du collège a eu lieu le 19 octobre. Le sujet est rapidement revenu sur la table. «Suite à la rencontre avec le nouveau directeur général, je voulais connaître sa vision. Sa vision est claire. Nous, le conseil, on va regarder où l’on s’en va avec ce bâtiment-là. C’est sûr que c’est un bâtiment qu’on veut conserver, parce que c’est un bâtiment patrimonial qui a un cachet particulier», a souligné le maire Bélanger.
Pas dans les cartes de GG
Interrogé par le journal Cités Nouvelles, le nouveau directeur général de Gérald-Godin, Christian Roy, a expliqué que le dossier a d’abord été mené par l’ancien DG Marcel Côté et le maire. Le gestionnaire confirme que le projet de départ était favorable aux deux parties. Le cégep avait des besoins et l’arrondissement aurait profité de la location du bâtiment. «C’est sûr que pour transformer un hôtel de ville en résidence, il y avait des rénovations et des transformations importantes à faire», note M. Roy. Une analyse de coût a alors été faite. Constat: la facture des rénovations avait grimpé et était évaluée à près d’un demi-million de dollars. «Dans le contexte budgétaire dans lequel ont était, avec les coupures, on ne pouvait pas penser investir. Ça n’a pas de sens. On ne les a pas, ces sommes-là», a indiqué Christian Roy. Le citoyen de Kirkland indique que le cégep a subi d’autres coupures depuis cet épisode. «Notre mission est de former des élèves. Il faut répondre au ministère. La résidence si on en a besoin ça peut nous aider, mais ce n’est pas une priorité ni une exigence ministérielle non plus», conclut-il.
De son côté, le conseiller municipal de Sainte-Geneviève, Eric Dugas souligne que l’explication de l’augmentation des rénovations est un prétexte. «Au départ quand on en a parlé, il (le collège) avait un consultant qui avait mentionné un montant de l’ordre de 500 000$ incluant le mobilier, et tranquillement pour nous convaincre que c’était impossible, le montant a été monté à 750 000-800 000$. Par la suite, de mon côté, avec l’assentiment du collège, j’ai trouvé un architecte-contracteur qui faisait le tout pour 350 000-375 000$, sans compter le mobilier». «La vraie raison, c’est que le collège a eu un déficit l’an passé. C’est vraiment une contrainte budgétaire. Ce n’est pas une augmentation des coûts par rapport à la transformation d’un immeuble en résidence… Le coût au départ était le même à la fin», indique le conseiller indépendant. Le collège a néanmoins bien fait de reculer plutôt que de faire une dépense folle, croit M. Dugas.
Entre temps, le conseiller a suggéré au collège de céder à l’arrondissement le devant du terrain, devant les arbres, pour faire éventuellement place à de l’aménagement. Soulignons que l’arrondissement a dépensé entre 10 000 et 15 000$ pour les premières phases du projet des résidences étudiantes.