Outremont & Mont-Royal
13:24 2 juillet 2021 | mise à jour le: 2 juillet 2021 à 13:24 Temps de lecture: 5 minutes

Le Festival International Nuits d’Afrique fête ses 35 ans

Le Festival International Nuits d’Afrique fête ses 35 ans
Photo: Gracieuseté - André RivalElida Almeida au club Balattou lors de la 33e édition du festival.

Le mardi 6 juillet marque l’ouverture de la 35e édition du Festival international Nuits d’Afrique. Pour cet événement anniversaire, qui se déroulera jusqu’au 18 juillet, le festival voit les choses en grand : concerts en ligne et en salle, artistes invités, exposition et diffusions d’archives.

Nous sommes en 1987, Ricardo Trogi entamait sa dernière année de secondaire et Andy Warhol fermait les yeux pour la dernière fois. C’est cette même année que le club Balattou, situé sur le boulevard Saint-Laurent au niveau du Plateau, inaugurait la première édition du Festival International Nuits d’Afrique. Le but de ces concerts est de diffuser les musiques originaires de pays d’ascendance africaine. Depuis plus de 30 ans, des artistes venus de pays d’Afrique, des Antilles ou encore d’Amérique latine, viennent performer à Montréal.

« À l’époque tout était à faire connaître ici, on ne connaissait pas Youssou N’Dour, Angélique Kidjo, Manu Dibango, […] alors nous on les recevait au club Balattou, dans ce lieu intime de 150 personnes », explique la directrice générale et cofondatrice du Festival, Suzanne Rousseau. Par la suite, le festival s’est étendu en proposant un volet extérieur sur le boulevard Saint-Laurent, puis au Quartier des spectacles. Maintenant, plus de 500 mille personnes viennent assister aux concerts étendus sur 13 jours.

Une porte d’entrée

Le festival est, au fil des années, devenu une « porte d’entrée en Amérique du Nord » pour les artistes internationaux de pays d’ascendance africaine. C’est le cas du chanteur et compositeur Corneille, qui est le porte-parole de cette 35e édition. Il avait tenu le même rôle en 2003, au début de sa carrière, alors qu’il n’était pas encore connu au Québec.

C’est en retrouvant sa présence dans les archives du festival que les organisateurs ont décidé de lui proposer la fonction de porte-parole pour cette édition historique. Le chanteur s’est senti touché par cette proposition et a donc accepté « Quand on fait partie de la diaspora africaine, on a le cœur en Afrique, mais on n’y est plus physiquement. [Le rôle de porte-parole] me permet de parler de ce festival, d’aller voir les artistes et de me reconnecter avec ce qu’il se passe en Afrique ».

Pour Corneille, il est important de continuer à soutenir le Festival Nuits d’Afrique et les artistes qui seront en représentation.

Entre le passé et le présent

Cette année, la programmation promet une diversité de genre et d’événements. Pour marquer les 35 ans, des concerts spéciaux auront lieu en ligne et en présentiel. Chaque soir, un concert qui a marqué les esprits dans les éditions précédentes sera projeté sur la façade de l’Orchestre symphonique de Montréal. Un spectacle de son et lumière est aussi prévu, en collaboration avec quatre artistes issus d’univers différents. Les archives et l’histoire du festival seront au centre des événements. Pendant un mois, une exposition photo présentera des moments et des artistes emblématiques du Festival International Nuits d’Afrique.

La scène du National, dans le Village, accueillera les grands concerts spéciaux des 35 ans du festival. On retrouve Daby Touré, fils d’un des membres du groupe emblématique Toure Kunda, et Joyce N’Sana le 7 juillet. Le 9 juillet, c’est le groupe Jab Djab qui prend les devants de la scène en compagnie d’autres artistes invités, King Shadrock, Kayiri et Kabey Konate. Le trio originaire de Trinidad et Tobago, dont le style musical se balance entre le reggae, le zouk et le calypso, était présent dès les premiers émois du Festival.

Une soirée Rythmes au féminin est aussi au programme le 8 juillet. Elle accueille quatre artistes femmes venues de pays différents. Carine au Micro est l’une des artistes invitées pour ce concert. Originaire du Bénin, sa musique est un mélange de plusieurs influences issues de l’Afrique de l’Ouest, du gospel, de la soul et du jazz. Elle avait déjà participé dans le passé au festival, en tant que chœur puis lead.

« En tant qu’artiste, Le Festival Nuits d’Afrique est défini pour nous, vu que ma musique est d’origine africaine, ça s’inscrit dans le cadre de ce festival-là ». Le 8 juillet prochain, elle sera accompagnée des chanteuses Meryem Saci, originaire d’Algérie, de Chipo Nyambiya du Zimbabwe et de la Brésilienne Flavia Nascimiento.

Parallèlement, plus d’une soixantaine de concerts sont prévus dans des cabarets. Les Montréalais pourront alors écouter de la musique internationale qui jongle entre tradition et diversité, au club Balattou, au Gesu ou encore au Ministère.  

Comme le souligne Corneille, le Festival International Nuits d’Afrique « est un festival haut en couleur, c’est la fête et particulièrement cette année car s’il y a bien une chose que l’on a envie de retrouver, c’est l’esprit de fête! ».

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