La femme derrière la «maison chaleureuse»
Adolescente, Nayiri Tavlian a fui l’horreur de la guerre civile au Liban pour se réfugier au Québec. Cette éprouvante expérience a motivé la création à Outremont de son organisme Hay Doun, qui est venu en aide à des centaines de réfugiés arméniens, irakiens et syriens.
«Ma motivation remonte il y a 40 ans», mentionne Mme Tavlian.
En 1976, la Montréalaise a quitté la capitale du Liban, Beyrouth, qui était devenue un véritable champ de bataille entre différentes factions. Elle avait 15 ans quand elle s’est réfugiée avec sa famille au Québec.
La femme de 56 ans, qui a récemment été honorée par L’Oréal Paris, comme «Femme de valeur», un programme philanthropique rendant hommage à des Canadiennes ayant amélioré bénévolement leur communauté, n’oublieras jamais son passé.
«Un an et demi dans une guerre civile, ça change votre vie. C’est quelque chose de dévastateur. Quand je suis sortie de cette guerre, disons que je n’avais pas nécessairement foi en l’humanité», témoigne la présidente de Hay Doun.
La Montréalaise de 56 ans a parrainé depuis les six dernières années plus de 2000 réfugiés du Moyen-Orient par l’entremise de son organisme. Comme si ce n’était pas suffisant, elle est aussi chargée de cours en communication interculturelle dans un programme de coopération internationale.

Redonner espoir
Avec le temps, les séquelles se sont peu à peu effacées grâce notamment à l’écoute des Québécois que Mme Tavlian estime sensibles à la souffrance. «Quand on a de l’écoute pour partager sa souffrance, ça nous guérit et ça nous reconstruit», fait-elle valoir.
Elle a su transformer le drame qu’elle a vécu en action positive. Mme Tavlian tente aujourd’hui de redonner de l’espoir à d’autres victimes de la guerre.
L’organisme Hay Doun, qui signifie «maison chaleureuse» en arménien, accueille à bras ouverts des réfugiés pour les aider à s’intégrer à leur nouvelle société d’accueil les dirigeant vers différentes ressources comme en matière de santé et d’éducation.
Hay Doun s’assure aussi que les réfugiées soient prises en charge par des familles de Montréal.
Accompagner les femmes
Le prix décerné par L’Oréal Paris a valu à Hay Doun une bourse de 10 000$. Ce montant permettra de contribuer à trouver un emploi à des femmes réfugiées. Plusieurs d’entre elles ont souvent un diplôme en poche, mais elles n’ont pas eu besoin de travailler dans leur pays natal parce que leur mari était le pourvoyeur de la famille, explique Mme Tavlian.
«Les hommes se trouvent plus facilement du travail. Ils sont plus débrouillards. Les femmes ont un background qui fait qu’il y a des barrières qu’il faut dépasser», précise Mme Tavlian.
En plus de compter sur 200 bénévoles, une dizaine de personnes sont à l’emploi de l’organisme qui a pignon sur rue sur l’avenue Stuart.