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Samuel Coulombe: de la DPJ à l’université

Samuel Coulombe
Même s’il a été pris en charge par la DPJ à sa naissance, Samuel Coulombe démontre chaque jour qu’il est possible de réussir à l’école. Photo: Denis Germain

Samuel Coulombe est un jeune homme emballé par les projets d’explorations naturels. Il vient de terminer un baccalauréat en Sciences de la Terre et de l’atmosphère, concentration géologie, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Dès la prochaine rentrée scolaire, il entamera une maîtrise en géologie avec mémoire à l’Université Laval. Auparavant, il a étudié les sciences naturelles au cégep.

Parti de loin, Samuel a décidé de raconter son histoire afin d’encourager les jeunes à ne jamais se laisser définir par leur passé.

Samuel a été pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) avant même sa naissance en raison des problèmes de toxicomanie de sa mère biologique. Et s’il a eu l’occasion de la voir à quelques reprises au fil des ans, Samuel a pris la décision de couper les ponts avec elle vers l’âge de 14 ans.

Ses deux frères et sa sœur, tous les trois plus âgés que lui, ont également été pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse. Il n’a jamais rencontré son père biologique.

À deux ans, la DPJ trouve une famille d’accueil pour Samuel et les trois autres membres de sa fratrie. Ils vivront ainsi ensemble pendant huit ans.

«De vivre une enfance avec mes frères et ma sœur, c’était super», raconte Samuel Coulombe.

Puis, à l’âge de dix ans, nouveau traumatisme: son père d’accueil meurt. «La famille s’est détachée en morceaux du jour au lendemain. Mes frères, ma sœur et moi, on a été séparé d’un coup, se rappelle-t-il. On s’est retrouvé au sein de familles d’accueil et des centres différents.»

Malgré une séparation difficile, Samuel a tout de même été en mesure de rester en contact avec ses frères et sa sœur grâce à des visites supervisées par la DPJ.

«On se voyait deux fois par année. On n’était pas en contact constant, mais on s’aimait pareil», souligne-t-il.

Une nouvelle famille

D’un coup, Samuel se retrouve dans un nouvel environnement. Il doit apprendre à vivre et connaître ses nouveaux parents; ceux qui l’hébergeront pour les prochaines années.

«Tu perds subitement tous tes repères. Tu changes d’école, de ville, d’amis, de monde… Mon moyen de surmonter cette épreuve a été de profondément m’enraciner dans ma nouvelle famille d’accueil», explique-t-il.

Samuel n’a que de bons mots pour eux, soulignant à quel point ils sont généreux et attentionnés, et comment ils lui ont permis de devenir la personne qu’il est aujourd’hui.

«Je les considère vraiment comme ma mère et mon père. C’est une chance formidable d’avoir des gens à qui raconter sa journée. Parce que cela prend de la stabilité pour s’épanouir. La vie ne m’a peut-être pas choyé à la naissance, mais je peux vous dire que j’ai gagné à la loterie des familles d’accueil.»

Selon Samuel, il est rare que les jeunes, une fois devenus adultes, continuent d’habiter avec leur famille.

«Mes parents m’ont permis d’avoir la stabilité nécessaire pour continuer mes études. Même après mes 18 ans, j’habitais encore sous leur toit. Ça m’a permis de me concentrer sur mes études. Je suis vraiment reconnaissant envers eux. Ils ont eu un réel impact [sur ma vie].»

Aide financière

Samuel a toujours été un élève assidu. Dès son plus jeune âge, il savait qu’il avait en lui les outils et la détermination nécessaire pour aller loin dans son cheminement scolaire.

Cependant, ses rentrées au cégep et puis à l’université apportaient quelques soucis en raison des frais de scolarité. Même si Samuel travaillait depuis plusieurs années pour se mettre de l’argent de côté, cela n’était pas suffisant.

À l’aube de ses 18 ans, Samuel Coulombe et son travailleur social à la DPJ ont donc fait appel à la Fondation du Centre jeunesse de Montréal, dont la mission est de développer le pouvoir d’agir des enfants et des adolescents de la DPJ.

«L’éducation est beaucoup plus valorisée qu’avant. C’est un bon progrès. Ce qui devrait être normalisé, c’est que tout le monde ait l’aide nécessaire pour atteindre les objectifs qu’ils veulent.» – Samuel Coulombe

Grâce à des bourses offertes, Samuel a été en mesure de payer ses études et ses livres scolaires. Sans le soutien financier de la Fondation – qui vient autant en aide aux enfants, aux jeunes adultes et à leurs familles –  il aurait été contraint de prendre une année sabbatique complète pour travailler dans le but de payer ses études postsecondaires.

«On lui a permis d’éviter à le faire», affirme la directrice générale de la fondation, Fabienne Audette. «Car on s’entend qu’un jeune qui est obligé de prendre une sabbatique a moins de chances de revenir un jour sur les bancs d’école.»

25%

Selon un rapport de recherche sur les coûts de la sous-scolarisation des jeunes pris en charge par la DPJ, seulement 25% d’entre eux obtiennent un diplôme d’études secondaires (DES). La moyenne québécoise se situe à 77%.

«C’est comme une course, mais les jeunes de la DPJ commencent avec une centaine de mètres de retard. Oui, tu peux réussir, mais tu dois mettre les bouchées doubles et recevoir l’aide nécessaire», fait remarquer Samuel Coulombe.

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