Génération Y: Les emplois permanents se font rares
Les études terminées, plusieurs finissants de la génération Y ont de la difficulté à se trouver un emploi en lien avec leur champ d’études. Selon des experts, une pénurie d’emplois serait responsable du problème, davantange qu’un manque de motivation. Des Outremontais nouvellement diplômés témoignent.
«Il faut faire tomber ces préjugés envers la génération Y, affirme Jean Isseri, directeur du Carrefour jeunesse-emploi de Côte-des-Neiges, qui dessert entre autres l’arrondissement d’Outremont. Ce n’est pas parce qu’ils sont lâches qu’ils n’ont pas de travail en sortant de l’école, mais plutôt parce qu’il est de plus en plus difficile de décrocher un emploi permanent.»
Il s’agirait donc d’un mythe: le taux de chômage élevé (environ de 13%) chez les Y de 18 à 35 ans ne seraient pas dû à la paresse, ni à l’impatience, mais bien aux débouchés qui se font rares dans certains domaines, notamment dans les métiers spécialisés, comme la technologie.
Plusieurs études ont été effectuées pour tenter de tracer une ligne entre la génération Y et celles qui lui ont précédées, en raison des très nombreux préjugés. Mais, selon Denis Morin, professeur à l’UQAM en gestion des ressources humaines, il n’y a pas de véritable différence d’attitude ou de comportement entre les générations.
«C’est intéressant, car on pense qu’il y a des différences, mais les études scientifiques démontrent clairement qu’elles sont tellement minces que ça ne vaut même pas la peine de parler de conflit intergénérationnel», dit le spécialiste.
Difficile de commencer
Rencontrés par L’Express, plusieurs jeunes Outremontais nouvellement diplômés ont confié être anxieux lorsqu’ils pensent à leur avenir.
«Pour les jeunes de notre âge, l’arrivée sur le marché du travail est difficile, affirme Pierre-Yves Loiseau, finissant en ingénierie. On obtient des diplômes universitaires et on pense qu’on va être capables de se trouver un bon emploi rapidement, mais la réalité, c’est qu’on doit commencer au bas des échelons, même si on s’attendait à plus.»
«Je ne considère pas que notre génération manque de motivation, bien au contraire, continue la jeune informaticienne Lina Halls. C’est plutôt les employeurs le problème. Ils demandent à ce qu’on soit performants et qu’on donne le plus possible, mais il n’y a personne qui est prêt à nous donner cette première chance. C’est évident qu’après on est démotivés.»
Les affaires, la solution
Pour compenser la difficulté de se trouver un emploi ou parce qu’ils ne sont tout simplement pas prêts à travailler pour d’autres, plusieurs jeunes se tournent vers l’entrepreneuriat. C’est le cas notamment de l’Outremontais Nicolas Duvernois (lire autre article indiqué ici-bas).
«C’est de plus en plus courant que les jeunes décident de se lancer en affaires, confirme Jean Isseri. D’ailleurs, au Carrefour jeunesse-emploi, on encourage ça. Il y a des programmes mis en place expressément pour les jeunes entrepreneurs.»
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