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Jeux de batailles paternels: Bons pour la vie sociale

Un père qui se «tiraille» avec son fils le prépare à la vie en société lorsque les règles sont claires et bien respectées, selon une étude réalisée par l’Université de Montréal.

Lorsqu’ils sont de qualité, ces jeux de bataille sont liés à la compétition pour les ressources à la garderie. Selon Daniel Paquet, professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal,  ils aident l’enfant à mieux maîtriser sa colère.

Un jeu de qualité, c’est un jeu dont le père limite l’intensité. Aucun coup n’est échangé et aucun objet n’est lancé. De plus, le père doit veiller à tout moment à éviter les blessures en adaptant l’intensité du jeu.

Au terme d’une étape de la recherche qu’il mène depuis plus de 10 ans auprès de 160 pères de la région de Montréal qui ont été filmés alors qu’ils « se colletaillaient » avec leur enfant, M. Paquette a constaté que ces confrontations physiques aidaient à la socialisation: la fréquence, la durée et la qualité du jeu de bataille père-enfant sont associées à moins de compétition de la part des garçons à la garderie.

Trois dimensions de la compétition ont été mises en évidence chez les enfants d’âge préscolaire : la comparaison avec les autres, la concentration sur la tâche et le maintien de la hiérarchie.

Différence entre garçons et filles

Grâce à des scènes captées entre des pères et leurs filles (la moitié des sujets de l’échantillon étaient des filles), la recherche a démontré que les jeux physiques n’avaient pas le même effet quant à la stimulation et à l’autorité exercée par le père. Chez les filles, pleurs, crises et colère viennent perturber le déroulement du jeu, au point où le père laisse l’enfant décider de l’orientation du jeu. Le tout finit par un jeu peu excitant. Le chercheur en conclut que les jeux de bataille « constituent essentiellement un mécanisme pour canaliser la plus grande agressivité des garçons comparativement aux filles ».

Le chercheur se souvient que son père s’adonnait à ce genre de jeu physique avec son frère et lui – mais sa sœur n’y participait pas. À l’époque, les pères ne jouaient pas à ces jeux avec leurs filles, alors qu’aujourd’hui c’est plus fréquent. Il semble que les mêmes gestes aient des effets différents, voire opposés. Alors que le garçon apprend par cet exercice à respecter les règles – il ne veut surtout pas mettre fin au jeu –, la fille a tendance à s’opposer au père et à vouloir prendre le contrôle du jeu. «Elle devient responsable d’une grande part des actions et des initiations autoritaires et c’est le père qui est accommodant face aux décisions de l’enfant», peut-on lire dans le rapport de recherche.

Surprotection

Le professeur Paquette, qui a travaillé pendant 13 ans au Centre jeunesse de Montréal – Institut universitaire, propose l’hypothèse que l’enfant surprotégé pourrait adopter des comportements dangereux lorsqu’il devient adolescent. « Dans certains cas, les jeunes trop protégés vivent une explosion de liberté quand ils quittent l’enfance. S’ils n’ont pas appris à prendre des risques calculés, c’est-à-dire tout en étant vigilants, ils peuvent avoir des attitudes trop risquées à l’adolescence! »

(Source: Université de Montréal)

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