Mercier & Anjou
14:46 7 février 2020

Infologis manifeste pour plus de logements sociaux dans l’Est

Infologis manifeste pour plus de logements sociaux dans l’Est
Photo: Elena Broch/Avenir de l'Est

Le Comité Logement Infologis de l’Est de l’île, a manifesté, en pleine tempête de neige, avec le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) devant les bureaux de la députée-ministre Chantal Rouleau à Pointe-aux-Trembles. Le but de l’intervention ? Obtenir plus d’argent pour les logements sociaux dans l’Est.

Dans ses données internes, Infologis compte plus de 350 ménages (composés de plusieurs personnes) en attente d’un logement social dans l’Est de la métropole, « sans compter celles qui font leurs demandes de leur côté et que nous n’avons pas répertoriées », affirme Lili Bergeron organisatrice communautaire. Selon la structure, plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient en attente d’un logement social à Montréal.

L’organisme a donc souhaité participer à la manifestation du FRAPRU, avec un slogan : «On veut pas des condos, on veut des logements sociaux».

Le FRAPRU estime que le Québec vit une des plus grandes pénuries de logement depuis 15 ans et s’inquiète de la flambée des prix. C’est pour cela, qu’à travers sa tournée en caravanes en région à la rencontre des ministres, il compte «mettre en lumière le manque criant de logements». L’organisme réclame 50 000 logements sociaux au Québec.

Et ce manque de logement, Simon Dumais, organisateur communautaire chez Infologis, l’illustre par le taux d’inoccupation des logements dans l’Est. «Les gens ne trouvent plus de logements et encore moins abordables.» Pour exemple, en octobre 2019 et selon la Société canadienne d’hypothèques et des logements (SCHL), à Mercier, le taux d’inoccupation était de 0,9% et à Pointe-aux-Trembles, de 1,8%. Le loyer moyen à Pointe-aux-Trembles est de 729$ et de 770$ à Mercier.

«Mon garçon dort dans une chambre, ma femme et ma fille dans l’autre, et moi sur le sofa.»

– Chafiq El Armani

Des logements sociaux selon les besoins

Parmi les 350 personnes en attente d’un logement, Chafiq El Armani, résident d’Anjou. Cela fait depuis 2011 que lui et sa famille sont en attente d’un logement social. «On est dans un 4 ½ avec mon épouse, et mes deux enfants. Mon garçon dort dans une chambre, ma femme et ma fille dans l’autre, et moi sur le sofa», explique-t-il. Et pour payer le loyer, payer les factures, et l’épicerie, le citoyen d’Anjou est le seul à avoir un revenu. Selon Simon Dumais, beaucoup de locataires réservent plus de 30% de leurs revenus au paiement de leur habitation.

M. El Armani regrette que des terrains libres ne soient pas consacrés à la construction de logements. Et lorsque des projets locatifs se montent, «ce sont des condos qui poussent, mais peu de chances que ce soit adapté aux besoins des familles», regrette Lili Bergeron.

Pour illustrer ce propos, elle prend l’exemple du projet de construction de 600 logements en lieu et place des entrepôts Metro sur la rue Notre-Dame Est : « C’est un désert alimentaire, il n’y a pas de transport, pas d’écoles, c’est mal desservi ! »

Si la Ville de Montréal veut créer 12 000 logements sociaux et abordables en forçant les promoteurs à inclure 20% de logements sociaux dans leurs projets, «ce ne sera pas suffisant et surtout pas adapté aux besoins», martèle M. Bergeron. «Les familles ont besoin de grands appartements, et les projets de condos ce ne sont pas des 5 ½… Les familles ont souvent des logements en rez-de-chaussée», précise-t-elle.

Simon Dumais renchérit, pour lui, «les besoins sont évidents, il faudrait des bâtiments à 100% réservés aux logements sociaux».

En manifestant devant le bureau local de Chantal Rouleau, Infologis et le FRAPRU espèrent et demandent que les surplus de budget du Gouvernement, qui sera déposé en mars, soient alloués aux logements sociaux. «Le gouvernement caquiste doit investir de façon massive», martèle Simon Dumais.

L’attachée politique de la ministre déléguée et députée de Pointe-aux-Trembles a reçu des membres du comité pour entendre leurs revendications.