Tricoter un peu de chaleur
« Le but de notre projet n’est pas seulement celui de venir en aide aux itinérants, mais celui de sensibiliser les élèves aux problématiques qui font partie de notre société, explique Evelyne Allaire, animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire de l’école. Maintenant, ils comprennent un peu plus l’itinérance et sont plus réceptifs lorsque nous parlons de ce sujet. »
Le projet « Tricothon en cœur » a vu le jour à la fin de l’automne dernier lorsque l’enseignante Brigitte Schuehmacher, elle-même sensibilisée à la problématique de l’itinérance, a décidé de conscientiser les élèves de sa classe.
« Quand j’étais petite, les itinérants me faisaient peur, confie Mme Schuehmacher. Une fois que je suis devenue adulte ma crainte est restée jusqu’à temps que je réalise qu’ils étaient des êtres humains comme tous les autres. Avec ce projet je cherche à démystifier cette problématique à laquelle nous devons tous faire face un jour ou l’autre. »
Les élèves ont également eu l’opportunité de rencontrer « M. Yvon », un ancien itinérant qui a livré son témoignage aux enfants curieux d’en apprendre davantage sur les difficultés auxquelles il a dû faire face.
Une activité intergénérationnelle
Il aura fallu près de trois rencontres avec les membres du Cercle de fermières du Bout-de-l’Île avant que les enfants acquièrent les compétences nécessaires afin de tricoter un foulard sans l’aide de quelqu’un.
« Lorsque j’ai commencé à tricoter, je me sentais comme un petit vieux, raconte Félix. Je pensais que c’était juste pour les filles et je ne voulais pas le faire. Maintenant, je sais que ce je fais va aider un itinérant et ça me fait chaud au cœur. »
Lorsque questionnés sur leur participation au projet, les élèves se sont montrés enthousiastes et même impatients à l’idée de distribuer les foulards.
Leur objectif de tricoter 200 foulards est presque atteint. Le 14 février dernier Mme Schuehmacher et ses élèves de cinquième année, se sont rendus à l’Accueil Bonneau pour donner les foulards et faire une visite des lieux.
« Je n’ai plus peur des itinérants. Je suis heureux de pouvoir aider ceux qui n’ont pas des choses comme nous, dit un élève. Il faut leur dire qu’ils ne sont pas seuls et que nous sommes là pour les aider. »