Irina, la Prairivoise la plus médaillée
Ce triomphe est l’un des plus importants pour la jeune nageuse de 15 ans qui a bien failli voir son rêve s’écrouler quelques mois avant la compétition. En mars dernier, Irina s’est fait une entorse à la cheville alors qu’elle jouait au frisbee avec d’autres nageuses de son club.
« Cette blessure a nui à ma saison, mais j’ai été chanceuse que ça se replace juste avant les Jeux du Québec. Je n’ai pas vraiment pu nager à pleine capacité pendant deux mois et ç’a laissé des séquelles », explique l’athlète.
Malgré tout, sa performance a été bien meilleure que lors de ces deux participations précédentes. Il faut dire que l’adolescente arrivait mieux préparée.
« Lors de mes premiers Jeux du Québec à Gatineau, j’avais 11 ans et je ne savais pas trop à quoi m’attendre. La deuxième fois, à Shawinigan, j’y allais vraiment juste pour m’amuser. Cette année, puisque c’était mes derniers, je voulais avoir une médaille en souvenir », raconte-t-elle.
Comme un poisson dans l’eau
Originaire de Roumanie, Irina était destinée à devenir une athlète. Ses parents, Nicoleta et Roberto Mitrea, sont d’anciens joueurs professionnels de handball, un sport très populaire en Europe. Ils auraient bien aimé que leur fille suive leurs traces, mais Irina se sent beaucoup plus à l’aise dans l’eau.
« Elle a commencé un peu par hasard à l’âge de 6 ans, raconte son père. Nous voulions qu’elle suive des cours justes pour qu’elle sache nager. Elle était la seule qui nageait sans arrêt. Il fallait que l’instructeur lui dise de s’arrêter. »
À son arrivée au Canada à l’âge de 7 ans, Irina commence à s’entraîner plus sérieusement dans le but de faire des courses. Rapidement, elle remporte la première de ses nombreuses médailles lors des Jeux de Montréal.
« J’ai toujours aimé faire des compétitions, assure Irina qui admet cependant manquer d’esprit de compétition. Je dois apprendre à être un peu plus agressive dans l’eau. »
Le style libre s’est imposé à l’athlète dès son jeune âge. C’est d’ailleurs dans cette nage qu’elle excelle.
Au début de sa courte carrière, la fillette était particulièrement douée pour les épreuves d’endurance. Lors du Championnat canadien de Montréal, en 2011, Elle a remporté la médaille de bronze au 400 mètres style libre. La jeune athlète a aussi essayé la course en eau libre.
« C’est une expérience différente, mais j’aime mieux en piscine, affirme Irina. En eau libre, il faut prendre sa place. Surtout au départ, il y a des coups qui se donnent et ce n’est pas toujours involontaire. Je n’aime pas tant les sports de contact. »
Avec le temps, Irina a commencé à performer davantage dans les sprints. Lors des derniers championnats canadiens à Winnipeg, elle a d’ailleurs terminé en 7e et 8e position au 100 et 200 mètres style libre.
Devenir une championne
Depuis plusieurs années, Irina s’entraîne au Club de natation des piscines du Parc olympique (CNPPO).
Au cours des deux dernières années, elle est aussi conseillée par Tom Rushton, l’entraîneur junior de calibre international du Centre national de natation de Montréal.
« Depuis ce temps, je fais souvent des équipes qui représentent le Québec et j’ai fait une équipe canadienne », affirme avec fierté Irina.
Mais la victoire à un prix. Irina doit s’entraîner plus une vingtaine d’heures par semaine. Chaque matin, elle se lève à 4 h 30 pour aller s’entraîner, parfois plus d’une fois par jour, à la piscine et au gym.
Même si elle doit travailler fort, le plaisir est au cœur de sa motivation.
« Avant mes courses, je n’ai pas besoin de m’isoler dans une bulle avec de la musique. Si je me mets trop de pression, ça ne fonctionne pas, alors avant ma course, je dois m’amuser et pendant la course, je dois nager vite en m’amusant », explique la jeune athlète.
Pour atteindre les sommets, Irina participe au programme sport-étude du Collège de Montréal et prévoit poursuivre le programme au collégial, dans deux ans. « Le sport m’a appris à bien m’organiser et à ne pas laisser traîner mes devoirs parce que je passe beaucoup de temps à m’entraîner ou en compétition, explique celle qui souhaite devenir masso-ostéosportive. Ça m’a aussi appris une certaine éthique de travail parce que comme à l’entraînement, à l’école, je m’applique et je ne fais pas les choses à moitié. »
Gageons que la carrière de l’athlète ne s’arrêtera pas là puisqu’Irina souhaite participer aux Jeux du Canada.
« Je pense que j’ai de bonnes chances de me classer parce que je vais avoir l’âge limite pour y participer. C’est l’âge parfait », estime-t-elle.
À plus long terme, elle souhaite participer aux Olympiques.
Quelques précisions sur la natation
La longueur standard d’une piscine olympique est de 50 mètres, soit la plus courte distance d’une course. Certains nageurs se spécialisent donc dans les sprints d’une (50 m), deux (100 m) ou quatre (200 m) longueurs de piscine. Les plus endurants performent sur des distances de huit (400 m), 16 (800 m) ou 30 (1,5 km) longueurs.
Contrairement aux épreuves en piscine où les nageurs sont séparés par des ribambelles de bouées, les nageurs en eau libre coursent en peloton. Généralement de plus longue distance, ces courses ont lieu dans une rivière ou un lac où l’eau est souvent froide.
Il existe quatre styles de nage de compétition : le crawl ou style libre est la plus rapide et la plus connue des nages; la brasse ressemble à la nage d’une grenouille; le papillon qui consiste à sortir les deux bras de l’eau en même temps, propulsé par les pieds et finalement le dos.
Lors de course dite « quatre nages », l’athlète commence sa course au papillon, puis sur le dos, la brasse et enfin le style libre. Lors des relais quatre nages, l’ordre des nages est respecté, mais elles sont performés par des athlètes différents.
À lire également : Rivière-des-Prairies remporte sept médailles