Les Québécois préfèrent le pétrole des sables bitumineux
Rappelons qu’Enbridge planche sur un projet d’inversion du flux de l’oléoduc de la ligne 9 qui relie Sarnia, en Ontario, à Montréal. Malgré la levée de boucliers de plusieurs groupes environnementalistes pour dénoncer les risques que représente le projet, sept Québécois sur dix (71 %) se dit en faveur au projet.
Dans la région métropolitaine, ce nombre s’élève à 73 %. Il faut dire que ce sont les régions de Québec et de Montréal qui bénéficieront le plus des investissements liés à ce projet. Les représentants des compagnies pétrolières vont même plus loin en affirmant que le projet pourrait sceller le destin de l’industrie pétrochimique dans l’Est.
« Cinq raffineries ont fermé leurs portes au cours des 30 dernières années : ce sont des milliers d’emplois directs et indirects qui ont été perdus dans ce marché », a rappelé, par voie de communiqué, la présidente-directrice générale de la FCCQ, Françoise Bertrand. D’ailleurs, la création d’emploi arrive au deuxième rang des arguments les plus convaincants en faveur du projet.
Mais l’élément qui séduit à 79 % des Québécois est celui de la dépendance au pétrole d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Amérique du Sud. Notons qu’en ce moment, le pétrole raffiné au Québec est importé. Ses prix sont donc basés sur le Brent (plus élevé que le West Texas Intermediate, base du pétrole albertain) et aux coûts liés à l’importation. « C’est un projet porteur pour toute la société québécoise qui, rappelons-le, paye à des pays étrangers une facture annuelle totale de 12 G$ pour combler ses besoins en pétrole », a souligné Mme Bertrand. Le sondage tend d’ailleurs à démontrer que 73 % des Montréalais (76 % des Québécois) préfère consommer du pétrole provenant des sables bitumineux que du pétrole conventionnel importé. Malgré tout, plusieurs répondants montréalais se sont dits sensibles aux arguments avancés par les environnementalistes, à savoir que le pétrole des sables bitumineux est polluant (65 %) et que celui-ci risque d’endommager l’oléoduc, ce qui comporte des dangers (53 %).
La FCCQ est ouvertement favorable au projet de renversement du flux de pétrole de la ligne 9. Mme Bertrand s’est dite heureuse de l’appui des Québécois au projet d’Enbridge. Elle souhaite « qu’un jour, pas trop lointain, nous puissions développer une filière québécoise du pétrole. D’ailleurs, nous saluons l’ouverture exprimée par la première ministre dans son Discours inaugural et dans ses échanges avec la première ministre de l’Alberta. »
Si le transport du pétrole ne pose pas problème à la majorité, son extraction est un peu moins populaire; 63 % des Montréalais (60 % des Québécois) se sont dits favorables à l’extraction du pétrole des sables bitumineux de l’Alberta. Et cette préoccupation est plus marquée lorsqu’on parle de gisement québécois; seulement 54 % des Montréalais (58 % des Québécois) sont favorables à l’extraction du pétrole du gisement Old Harry sur l’île d’Anticosti dans le golfe du Saint-Laurent.
Sondage CROP-FCCQ 2012
Le sondage sur l’appui des Québécois au projet d’oléoduc reliant l’Alberta au Québec a été réalisé entre le 5 et le 10 décembre 2012 pour la Fédération des chambres de commerce du Québec, par la firme CROP, sur 1000 Québécois, âgés de 18 ans et plus, d’un panel Web. Notons que, compte tenu du caractère non probabiliste de l’échantillon, le calcul de la marge d’erreur ne s’applique pas.
Pour consulter les résultats de l’étude.
(Source : Sondage CROP–FCCQ 2012 sur l’appui des Québécois au projet d’oléoduc de l’Alberta vers Montréal)