Imagerie picturale
Informaticien depuis 26 ans, M. Béland a redécouvert le dessin et la peinture il y a sept ans, au détour d’une conversation avec l’une de ses filles.
« Ma plus vieille me demandait ce qu’il manquait dans ses visages. J’ai répondu de l’ombre », laisse-t-il tomber simplement. Cette question a eu l’effet d’un déclic dans sa tête. Il s’est remis au fusain dès qu’il en a eu l’occasion.
« Mon père a tout le temps aimé ça. Pour relaxer, il dessinait, se rappelle-t-il. Il avait essayé dans le temps de se partir une petite compagnie d’enseignes. » Le dessin lui était donc familier.
Quant à la peinture, cela fait quatre ans qu’il s’y est remis. « J’ai pris des cours pour apprendre à mélanger mes couleurs, c’était dix cours, parce que je travaille avec les couleurs de base : le rouge, le bleu, le jaune, le blanc. Par contre, je triche un peu, je prends le noir », plaisante-t-il.
Étant donné qu’il travaille à temps plein dans le milieu de l’informatique, il dessine surtout les soirs de semaine. Pour lui, il s’agit plus que d’un passe-temps. C’est une manière de relaxer, une soupape pour décompresser de la vie quotidienne.
Parce qu’il peint à l’huile, il doit laisser sécher ses couleurs entre chaque couche de peinture. Il peut donc lui prendre deux semaines pour compléter un tableau. « Normalement, c’est environ une dizaine de toiles par année », évalue-t-il.
« Disons que je commence à vouloir vendre parce que je n’ai plus de place sur mes murs », s’esclaffe-t-il, lui qui estime à 35 le nombre de tableaux qu’il a réalisés jusqu’à ce jour.
S’il veut vendre, il devra davantage s’exposer. Bien qu’il expose pour la première fois à Rivière-des-Prairies, ses toiles sont déjà sorties de chez lui à quelques reprises.
« J’ai participé à une exposition au symposium Plaines Couleurs », dans un petit parc annexé aux plaines d’Abraham, à Québec, explique-t-il. Une exposition qui s’est finalement soldée par deux jours de pluie intense. À Montréal, il a exposé à la galerie Crystal Racine, dans le Plateau-Mont-Royal.
Il a aussi soumis ses toiles au vote populaire par l’entremise d’Internet. « Je faisais partie d’un groupe d’artistes sur Internet, indique-t-il. Je voulais savoir si mes toiles plaisaient. Chaque mois, on pouvait soumettre nos toiles au vote du public. Et presque toutes mes toiles ont gagné. »
Quand l’arrondissement s’y met…
« C’était un concours qui est passé dans le journal de l’arrondissement, mentionne-t-il à propos de l’exposition en cours. On envoyait des photos sur Internet. »
Très heureux de voir que l’arrondissement avait à cœur les artistes locaux, M. Béland a soumis quelques toiles à ce concours. « Je pensais que l’art n’était pas représenté du tout », dit-il.
M. Béland s’intéresse beaucoup à l’âme humaine, aux personnages rêveurs et antithétiques. « C’est un peu le mélange entre le rêve et le réel, estime-t-il. J’ai fait un paysage, mais ce n’est pas mon dada. »
En effet, presque tous ses tableaux mettent en scène des personnages réels ou figurés. Ses filles sont souvent utilisées lorsque vient le temps de portraiturer quelqu’un.
Les reflets sont aussi primordiaux, puisque c’est dans la glace et dans l’eau qu’apparaissent les personnages opposés aux personnages réels, comme dans cette toile où la femme de M. Béland perçoit, lorsqu’elle se regarde dans le miroir, sa fille en train de se préparer pour aller à son bal des finissants.
Les couleurs de ses tableaux sont vives. Ses personnages baignent dans la lumière. « Il y a des gens qui m’ont dit que ma marque de commerce, c’était mon bleu. »
« Tant que je vais aimer ça, je vais continuer, dit-il avant de laisser le journaliste. C’est la seule chose qui me fait décompresser après le travail. Il y en a que c’est le sport, moi c’est l’art. »
L’exposition Réflexion a lieu jusqu’au 30 janvier à la salle d’exposition de la bibliothèque Rivière-des-Prairies.