Fronde des commerçants
Ceux dont le commerce est situé entre la rue Sherbrooke et l’autoroute 40 se sont adressé à la mairesse Chantal Rouleau lors du conseil d’arrondissement du 6 mars pour lui faire savoir que des réfections pourraient rendre plus difficile l’accès à leurs entreprises.
« Un moment donné, on sent de l’acharnement », a mentionné une commerçante en rappelant l’impact qu’ont eu des travaux semblables pendant deux étés de suite quelques années auparavant.
Elle s’est montrée sceptique quant à l’idée de verdir l’artère dans un secteur aussi industriel. « Qui va défrayer ces coûts-là », s’est-elle aussi questionnée. Elle a cependant réservé sa plus virulente critique contre l’idée de retrancher deux des six voies que contient ce tronçon du boulevard.
Un copropriétaire d’une concession automobile a renchéri sur le sujet en suggérant que les données contenues dans le plan concept voulant qu’il y ait 6 % de camions lourds qui circulent sur cet axe ne sont pas à jour. Le secteur automobile change chaque année, juge-t-il.
Les deux commerçants veulent des audiences publiques, ce à quoi s’est montré ouverte la mairesse. Cette dernière les a aussi rassurés en affirmant que les coûts des travaux sont déjà prévus dans les budgets.
La mairesse ne partage toutefois pas leur point de vue quant à la pertinence de verdir le lieu. « Même si c’est un secteur industriel, ça peut être beau aussi, a-t-elle fait savoir en son nom personnel. Il peut y avoir un certain attrait. »
« On veut moderniser et on veut embellir cette rue. Le concept, simplement, c’est d’y mettre de la verdure, c’est d’y mettre du transport collectif. »
Pistes cyclables et industries
Les deux commerçants se sont aussi accordés pour dire que des pistes cyclables n’ont pas leur place dans un secteur industriel.
« Plusieurs commerçants se posent la question sur la nécessité d’avoir une piste cyclable, a résumé la première. Ce n’est pas agréable d’aller se promener là. »
Il est à noter que ni l’un ni l’autre ne semble avoir réalisé que la piste cyclable formera à terme un corridor continu, du boulevard Gouin à la rue Notre-Dame, et qu’elle servira autant aux balades qu’aux trajets utilitaires. Les deux intervenants œuvrent dans le secteur automobile.
La mairesse Rouleau leur a répondu qu’il y a eu une « demande dans ce sens-là » et que « les gens sont plutôt heureux » de raccourcir leurs trajets en vélo.
D’autres élues se sont aussi mêlées à la conversation. Caroline Bourgeois, conseillère de la Ville, a laissé entendre que les cyclistes qui veulent passer en toute sécurité de Rivière-des-Prairies à Pointe-aux-Trembles ou inversement doivent faire un détour par le Parc-nature de la Pointe-aux-Prairies.
Suzanne Décarie, conseillère d’arrondissement, a confirmé que les pistes cyclables sont « une grande demande », surtout de la part des jeunes qui pourraient s’en servir, par exemple, pour aller à des activités à l’école secondaire Jean-Grou à partir de Pointe-aux-Trembles.