Fuite d’eau : aurait-on pu faire mieux?
Rappelons que, dans la nuit du vendredi précédent la Fête nationale, une fuite s’est produite au coin de l’avenue Broadway et de la rue Dorchester. Celle-ci n’a été colmatée que le mardi suivant, gaspillant ainsi une grande quantité d’eau potable.
Pourquoi ces délais?
Pour expliquer les délais d’intervention, le maire Robert Coutu a d’abord raconté qu’il « y avait des cols bleus qui étaient en vacances, ils peuvent refuser le travail; nous avons une convention collective à gérer […] Il y avait des parcelles d’équipes qui étaient intéressées à rentrer, mais […] ça prend des équipes vraiment complètes. »
Toutefois, lors du conseil du 27 juin, une autre explication a été fournie. Il semble que les équipes auraient pu intervenir à condition d’obtenir l’autorisation d’Info-excavation, un service de localisation des conduites souterraines. Or, le contremaître en charge des travaux aurait bien contacté l’organisme mais ce dernier aurait exigé des délais de trois jours pour fournir les informations à la Ville. Pourtant, Info-excavation précise qu’en cas d’urgence, tel qu’une fuite d’eau, « le délai peut être d’une heure. »
Après vérifications auprès d’Info-excavation, le conseiller Mario Bordeleau a découvert que la raison pour laquelle l’organisme n’a pas fourni les informations avant le mardi matin était que ces informations avaient été demandées pour cette date.
Or, selon le conseiller Alain Dion, président de la commission des travaux publics, tous les employés nécessaires à la réparation étaient disponibles, sauf « ceux qui sont certifiés pour collecter le tuyau. On a essayé de l’avoir d’un entrepreneur, on n’a pas pu. On a essayé d’avoir l’aide de la Ville de Montréal, ils ont dit non. Si on avait creusé ce gisement-là, qui était protégé par de la pierre, ça aurait monté et on aurait dû fermer l’eau complètement. On aurait fait de la marde pour les citoyens. On ne pouvait pas faire autrement. »
Cela expliquerait que le contremaître n’a pas demandé les informations avant le mardi, sachant que, de toute façon, il ne disposerait pas de l’expertise nécessaire. Mais le conseiller Bordeleau en doute. Ce dernier croit que le contremaître n’a pas fait les appels nécessaires afin de vérifier la disponibilité des gens qualifiés. « Pourquoi qu’il nous aurait menti en nous disant qu’Info-excavation ne pouvait pas nous donner l’information », se questionne-t-il.
De son côté, le conseiller Dion maintient que le contremaître a fait un excellent travail, malgré qu’il ait reçu un grief du syndicat pour avoir réduit la pression du conduit. « On n’était pas pour creuser un trou et ne pas le connecter », conclut-il.
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