L'Échelon est décidé à ne pas souffler sa dernière chandelle
« Si nous ne pouvons plus offrir des activités à nos membres, ils se regrouperont dans des lieux publics à ne rien faire. Nous l’avons vu lors d’une grève, les centres d’achat s’étaient remplis. Ça peut aussi augmenter le nombre de sans-abri et les problèmes de toxicomanie. C’est aussi pire qu’une gang d’ados devant un dépanneur. On les mets où? Il faut qu’il y ait des activités pour eux », explique l’éducateur physique Robert Leroux.
En mai dernier, le Centre a reçu un financement de 135 000 $, qui se terminera dans deux ans, par la Fondation de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine. Or, ces fonds ne seront plus gérés par la Fondation, mais par l’Agence de la santé et des services sociaux, dit M. Leroux qui craint une disparition du financement pour l’Échelon.
M. Leroux note également que l’admission à l’hôpital est rendue plus difficile puisque l’Hôpital Louis-H. Lafontaine a été désigné Institut universitaire en santé mentale, en octobre dernier. À cela s’ajoute un changement dans la philosophie gouvernementale en matière de santé mentale.
La nouvelle façon de faire est se nomme le rétablissement. Il s’agit d’un « processus qui permet à l’individu malade de développer ou de restaurer une identité positive et riche de sens malgré la condition qui l’afflige », précise le site du ministère de la Santé et des services sociaux. En d’autres mots, il s’agit de considérer la clientèle comme des citoyens, raconte M. Leroux : « Ils doivent donc trouver les ressources eux-mêmes, trouver un médecin de famille et s’inscrire dans la communauté. »
Les allocations d’assistance sociale moyennes pour la clientèle de l’Échelon sont de 850 $ par mois, selon M. Leroux. « Une inscription annuelle pour le Centre de jour est de 45 $ alors que pour le Centre Roussin, par exemple, c’est d’environ 200 $. Ils ne peuvent pas se le permettre », déclare-t-il.
« Pour s’assurer d’une continuité de qualité dans les programmes offerts à nos membres, on se doit davantage de travailler avec nos partenaires et votre appui est incontournable à la continuité de notre succès et à la réussite de notre mission », a exposé M. Deschamps, devant les personnes venues assister à la fête, parmi lesquels se trouvaient quelques élus. Les élus ont semblé sensibles à la situation du Centre, croit M. Leroux. Lors de l’événement, les convives ont pu visiter les locaux et visionner un diaporama ainsi qu’une exposition d’art.
Dans une lettre lue à l’assistance, la députée fédérale Ève Péclet, qui n’a pu assister à l’événement, a toutefois mentionné que l’Échelon est essentiel pour le mieux-être des gens de l’Est touchés par un problème de santé mentale. Elle a également annoncé qu’elle continuerait les actions, comme la manifestation du 10 novembre dernier devant le complexe Guy-Favreau : « cette manifestation avait comme objectif de demander un meilleur financement fédéral des ressources, entre autres, celles touchant au financement et à la construction d’unités d’habitation pour les personnes aux prises avec un problème de santé mentale. »