Rivière-des-Prairies
15:00 25 mars 2020 | mise à jour le: 25 mars 2020 à 15:21

Une vague d’embauche pour soulager les employés des épiceries

Une vague d’embauche pour soulager les employés des épiceries
Photo: Archives

Depuis le début de la pandémie, les employés des épiceries sont en première ligne pour assurer un service essentiel à la population. Plusieurs entreprises d’alimentation s’activent à trouver des milliers d’employés à travers la province afin d’alléger le travail quotidien de leurs travailleurs restant au front.

En seulement quelques jours, les propositions d’emplois pour des postes de commis, de caissiers à temps partiel ou à temps plein explosent sur les sites des entreprises d’alimentation. Rien qu’au Québec par exemple, la firme Loblaw affiche plus de 970 postes. Du côté de Montréal, l’enseigne IGA affiche près de 180 postes à combler.

L’entreprise Métro travaille aussi activement à la recherche de nouveaux employés.

«Nous avons plusieurs centaines de postes à pourvoir, autant au Québec qu’en Ontario, explique Caroline Amorosini, conseillère en communication pour le géant alimentaire. Nous recherchons en particulier des postes en magasin et pharmacie, comme ceux de commis ou caissiers, ainsi que dans nos centres de distribution».

Le processus de recrutement s’adapte aux mesures de sécurité émises par le gouvernement du Québec. Que la première rencontre soit physique ou par téléphone, l’entreprise demande systématiquement à la personne si elle a des symptômes pouvant s’apparenter à la COVID-19. Pour les rencontres en personne, les mesures d’hygiène sont rigoureusement respectées : distanciation sociale, lavage des mains, désinfectant.

Les géants de l’alimentation ont également pris des mesures pour compenser leurs employés des entreprises corporatives, de distribution et des pharmacies. Les groupes Provigo et Metro ont décidé d’octroyer une compensation de 2 $ de l’heure rétroactivement au 8 mars 2020. Le groupe IGA offrira quant à lui une prime de 50 $ par semaines à chaque travailleur, peu importe le nombre d’heures effectuées. Le syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) espère que ces compensations seront par la suite étendues aux magasins affiliés.

Des épiceries beaucoup plus achalandées

Actuellement, la seule offre pour obtenir de la nourriture provient des épiceries et de quelques restaurants qui font des services de livraison et de commande à emporter.

«Nécessairement ça génère un peu plus de trafic dans les épiceries», explique Roxane Larouche, responsable de communication au syndicat des TUAC.

En plus de l’augmentation de l’achalandage, de nombreuses nouvelles consignes de désinfection plus régulière et de sécurité nécessitent l’attribution de nouvelles tâches aux employés.

Mme Larouche prend l’exemple de l’épicerie Métro Joseph-Renaud, située dans Anjou, qui a mis «un employé pour nettoyer les paniers et un employé à l’entrée qui demande aux clients qui rentrent s’ils ont des symptômes».

Elle note d’ailleurs que les nouvelles mesures sanitaires «physiques», telles que l’installation de plexiglas (plastique transparent) sur les caisses, l’application de ruban adhésif au sol pour distancer les clients, permettent actuellement de faire considérablement baisser l’anxiété chez les travailleurs.

Cependant, elle ajoute que ces «travailleurs sont épuisés, on ne peut pas leur demander d’être là au travail en tout temps», ajoute-t-elle.

Toujours pas de service de garde pour ces travailleurs essentiels

Même si les épiceries font partie de la liste des services essentiels publiée par le gouvernement du Québec, ces employés n’ont toujours pas le droit au service de garde pour leurs enfants.

«Ça fait déjà plus d’une semaine qu’on le réclame, on pensait que ça allait être annoncé et c’est une décision que l’on attend», regrette Roxane Larouche.

De nombreux employés ont des contraintes familiales importantes, notamment les mères monoparentales qui ne peuvent pas faire garder leur enfant alors que les écoles sont fermées depuis le 16 mars jusqu’au 1er mai.

Toutefois, Mme Larouche confie que le syndicat et les travailleurs sont «très heureux de voir que la population se rend compte du travail nécessaire et essentiel qu’ils font depuis des années».

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