Agriculture dans les saillies de trottoir : la DSP appelle à la prudence
Le maire de l’arrondissement, François W.Croteau, estime que la responsabilité incombe aux jardiniers de s’en assurer.
« Responsabilité revient aux citoyens, comme ceux qui jardinent dans leur cour.
« Pas plus [de danger que si on cultive] en arrière cour. On n’est pas sur le bord d’un boulevard ou autoroute.
« Vrai que l’auto roule pendant des heures à côté. Préférez légumes aux pesticides qui causent des algues bleues? », argue-t-il sur son fil Twitter.
À de la Direction de la santé publique de Montréal, on appelle à la prudence.
« Pour nous, les saillies ne sont pas des milieux qu’on juge favorables à la culture de fruits et légumes. On suggère plutôt de s’en tenir au verdissement. Pour faire pousser des aliments, il y a des endroits plus appropriés pour le faire, comme des bacs ou des jardins communautaires. On ne recommande pas la culture de légumes sur les saillies de trottoir », indique Karen Price, toxicologue à la DSP.
Elle insiste sur le fait qu’on ne sait pas quels contaminants se trouvent dans les sols.
« Ce sont des espaces publics où l’on retrouve plusieurs sources de contamination, que ce soit de l’essence et des huiles provenant des chenillettes de déneigement, du sel de déglaçage, des excréments d’animaux domestiques ou des ordures ménagères. C’est une voie publique où il y a un va-et-vient assez grand », précisant que les « risques pour la santé dépendent du type de contaminants ».
On peut minimiser les risques en installant une membrane géotextile et en ajoutant du terreau frais. Toutefois, plusieurs détails doivent être pris en compte.
« On suggère ces mesures pour des aménagements temporaires, notamment dans les jardins communautaires. Ce n’est pas recommandé pour les saillies de trottoirs.
« Si on opte pour cette mesure, il faut s’assurer qu’il y a suffisamment de terre pour que les racines n’accotent pas dans la géomembrane », mentionne Mme Price.
À savoir si la culture de légumes racines est plus risquée que celle de légumes externes, Mme Price dit ne pas être en mesure de se prononcer.
« On recommande toutefois de bien laver les légumes pour enlever toute parcelle de terre », insiste-t-elle.