Soutenez

Un repas pour contrer le gaspillage

Bouffe Action Rosemont (BAR) a organisé un cocktail dinatoire bien spécial le 15 mai pour sensibiliser les citoyens au gaspillage alimentaire. Toutes les bouchées servies ont été cuisinées avec des produits rejetés dans la chaine de production des aliments.

«Nous avons créé cette activité afin de nous permettre une certaine évidence financière tout en jetant les bases d’une activité de sensibilisation en lien avec notre mission de donner la capacité au citoyens rosemontois de se nourrir en quantité et en qualité», a mentionné la présidente de BAR, Geneviève Pelletier

Mission d’autant plus importante dans l’arrondissement dont sa portion est considérée comme un désert alimentaire. Car même si les banques alimentaires réussissent à mettre du pain sur la table de Montréalais dans le besoin, ces banques ne parviennent qu’à combler de 50 à 65% des besoins réels. C’est trop peu quand on considère que les pertes en aliments se chiffrent à 27 milliards de dollars annuellement au Canada, alors que 800 000 demandes en aide alimentaire sont placées chaque mois au pays.

Selon Éric Ménard, le spécialiste en gaspillage alimentaire, la moitié de ces pertes surviennent dans la fabrication, la transformation, le transport et la mise en marché de la nourriture. «20 000 tonnes de matières consommables jetées à ce niveau pourraient être réacheminées aux banques alimentaires», estime-t-il.

Pour ce faire, il faudrait revoir la date de péremption, le fameux «meilleur avant», et la remplacer pour une date limite de consommation, réel indicateur de la fraîcheur d’un aliment.

«J’aime aussi particulièrement l’initiative française ou les produits difformes et moches, sont mis en marché à prix réduit plutôt que d’être jetés», mentionne-t-il.

Le député fédéral de Rosemont – La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, a confirmé qu’une motion du Nouveau parti démocratique sur le gaspillage alimentaire sera débattue à la Chambre des communes en vue de contrer cette problématique.

Changer ses habitudes

Mais comme 50% de la nourriture jetée est achetée par les consommateurs sans se rendre à l’assiette, BAR prend toutefois la problématique en amont: et si nous tentions de moins gaspiller? Chaque année c’est en effet 6 millions de tonnes d’aliments qui sont envoyées au dépotoir au Canada par les consommateurs, soit 127 kg par habitant.

M. Ménard croit que c’est possible de faire sa part ne serait-ce qu’en faisant une meilleure gestion de son réfrigérateur.

L’exercice qu’a confié BAR à la chef Sophie Brodeur avait exactement ce mandat: de démontrer que l’on peut constituer un repas gastronomique avec des produits négligés.

C’est ce genre d’initiative qui permettre de reconnecter au monde dans lequel on vit, du plant de tomate au compost, a résumé Jean-François Lisée, député du parti Québécois de Rosemont. «À l’époque où l’alimentation est devenue un phénomène de société d’une extraordinaire popularité, cette volonté de revenir à la source doit être mise de l’avant», a-t-il conclu.

Moisson Montréal a redistribué 13 000 d’aliments en 2012-2013, pour une valeur totale de 71 millions de dollars

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.