L’excision se raconte dans un parc d’attractions
Sophie (Marie-Evelyne Lessard) vient de finir des études en cinéma et travaille depuis peu dans un parc d’attractions. Elle se voit confier par le propriétaire de l’endroit le tournage d’un documentaire promotionnel sur les artisans du parc. D’abord, elle s’acquière de son mandat, mais rapidement elle se met à filmer ses amis et camarades de travail, par plaisir et curiosité. Petit à petit, elle se dévoilera elle aussi à la caméra et finira par raconter sa terrible histoire : a l’âge de quatre ans, elle a été excisée (clitoris et lèvres du vagin) et, par peur et par honte, n’a jamais entretenu une relation amoureuse avec qui que ce soit.
Léger dans les premières minutes, alors qu’on ne connaît pas encore le drame de la jeune femme, le premier long-métrage de Martin Laroche prend rapidement une tangente dramatique. Dans une scène intime marquante, Sophie tente elle-même d’agrandir l’entrée de son vagin, en prévision d’un amoureux qui voudrait peut-être faire l’amour avec elle prochainement. En résultera des pleurs et du sang.
Dans une autre scène, elle demande à un collègue en qui elle a une grande confiance de la pénétrer, pour ainsi vérifier si cela lui fera mal.
Si le sujet est grave, il y a tout de même place aux sourires et rires dans ce film, tout comme à une sortie ouverte et positive.
De ce Les Manèges humains, on retient surtout le jeu d’actrice de Marie-Evelyne Lessard, qui a d’ailleurs reçu le Prix spécial du jury pour son interprétation au Festival du film de Whistler, et les nombreux et longs plans-séquences (sans coupe) du réalisateur, où l’émotion des comédiens est palpable et bien exploitée.
-Le film Les Manèges humains, présenté au Festival international du film de Karlovy Vary et au Festival international du film de Göteborg en Suède, sera présenté bientôt au cinéma Beaubien.
– Bande annonce : www.kfilmsamerique.com/video_Maneges.shtml