Le syndrome de la vis
Ce syndrome est celui qui affecte les personnes qui souffrent d’insomnie chronique tout comme le personnage principal de ce roman Josée Gingras qui est professeur de littérature au cégep.
Elle compare ce qui lui arrive à une vis sans fin : « Je ne peux rien contre elle, c’est mon ennemi intérieur.» déclare-t-elle. Un jour, poussée à bout par un de ses étudiants qui quitte son cours à plusieurs reprises, elle s’empare du cellulaire de ce dernier, et va sauter à pieds joints dessus pour le détruire en mille miettes. C’est à partir de ce moment-là qu’elle décide de prendre quelques jours de congé. Elle va en profiter pour se rapprocher de son frère Paul et de ses neveux, même son père décédé vient lui rendre visite. Elle a de drôle de discussions avec lui. Cette pause va également lui permettre de se rapprocher de ses voisins, surtout du petit Joseph avec qui elle va développer une relation semblable à un lien mère-enfant. Cela lui permettra de retrouver un certain équilibre, tout de même assez fragile. Josée a aussi un amoureux, Philippe, qui est exaspéré par cette situation. « Arrête de penser, couche-toi, bouge pas, respire pas fort, pis DORS! CRISSE!»
Elle est prête à tout pour dormir. Elle dort si peu qu’elle prend toutes les heures de sommeil qu’elle peut voler à l’insomnie. Une scène très drôle du livre, c’est lorsqu’elle va chez le médecin parce qu’elle est au bord du désespoir, et le docteur qui lui conseille de se faire des infusions de tisanes comme remède à son insomnie chronique. « J’étais souvent si fatiguée que j’avais l’impression d’être enfermée dans mon corps, prisonnière de moi, comme si j‘étais à l’intérieur d’une mascotte vivante. » dit Josée.
Cette phrase aurait tout aussi bien pu être prononcée par l’auteure de ce roman, qui souffre également d’insomnie. On peut faire beaucoup de parallèles entre la vie de Josée et celle de Marie-Renée Lavoie. Pour nous, dormeurs invétérés, il est très intéressant de faire une incursion dans la vie d’une insomniaque, vivre ça de l’intérieur. L’auteure nous le permet en le décrivant avec beaucoup de réalisme, ce qui ajoute à l’histoire.
Auteure : Marie-Renée Lavoie est enseignante en littérature au collège de Maisonneuve. Son premier roman « La petite et le vieux » a connu un très bon succès autant auprès du public que de la critique. Son livre est sorti vainqueur du «Combat des livres 2012», organisé par la radio de Radio-Canada. Cet automne, elle a été une des invitées d’honneur du 35e Salon du livre de Montréal. Cela fait cinq ans qu’elle habite dans le quartier Rosemont – La Petite-Patrie.