Significative Journée de la femme
Pour Nadia Aubert, il est plus difficile pour une femme de prendre sa place dans le monde des affaires. Des difficultés additionnelles que les femmes se créent elles-mêmes, affirme-t-elle : « On se met nous-mêmes des barrières. On est des femmes, mais souvent on se voit d’abord comme des mères. On veut donc réussir notre famille, être à la maison, s’occuper de nos proches, faire les repas, préparer les lunchs, les devoirs. Très souvent, ce n’est pas de l’extérieur que viennent les problèmes, mais de nous-mêmes», dit celle qui est à la tête de l’entreprise Alfred et Simone.
Elle admet par le fait même que la Journée de la femme a encore une grande signification pour la mère qu’elle est. « On a fait des gains, c’est évident. Mais il y a encore des problèmes. Quand je vois l’hyper sexualisation des jeunes filles par exemple, ça, ça me tue. »
Pour Kristelle Mercier et Geneviève Paquette, le fait d’être des femmes entrepreneures a soulevé quelques problèmes lorsqu’elles ont ouvert leur boutique Les coureurs de jupons, sur la Promenade Masson.
« Au moment de la location du bail commercial, on a senti qu’il y avait un regard différent de posé sur nous. Si on avait été deux hommes, ce n’aurait pas été pareil. Mais bon, outre cela, tout va bien. Il faut dire qu’on évolue dans le monde du vêtement et de la mode, qui est plus souvent une histoire de femmes », disent-elles.
Au Québec
Pour certaines femmes que nous avons rencontrées, la Journée de la femme n’a pas la même importance ici qu’elle peut l’avoir dans d’autres endroits du monde.
C’est le cas de Florianne Gegout, propriétaire de la boutique Flö, sur la Plaza Saint-Hubert. « Ça ne me fait ni chaud ni froid cette journée. C’est plutôt une occasion de blaguer avec les hommes. Il faut comprendre qu’au Québec, le militantisme féminin a fait des gains. Par exemple, je ne pense pas qu’il est plus difficile pour une femme que pour un homme de lancer une entreprise ici. Mais ce n’est pas le cas dans tous les pays. Pour ma part, je viens de France, et là-bas, il faut se battre contre les préjugés et prouver qu’on a notre place. Ce n’est vraiment pas le même regard que l’on pose sur la femme dans le monde des affaires. »
Pour la directrice de l’éco-quartier et de Tandem Rosemont, Giuliana Piaggio, originaire du Pérou, la Journée de la femme revêt encore une grande importance. « Il est nécessaire de souligner l’évolution des femmes dans nos communautés, et c’est ce que cette journée apporte. Je viens d’une culture dans laquelle il y a encore beaucoup à faire pour que la femme et l’homme soient égaux. C’est un autre univers. »
Finalement, pour Sarah Dahmani, de Lange Bleu, il importe peu de souligner ou non cette journée précisément quand on garde en tête que « chaque jour est la journée de la femme. »